21 novembre 2006
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Voici le dernier épisode de cette série qui me permet d'utiliser les concepts de division du travail, progrès technique, emploi et flexibilité.
Les hypermarchés ont en effet l'obsession d'avoir une main d'oeuvre flexible, des horaires souples.

Cet article s'inspire largement de la Revue Personnel-ANDCP n°391, juillet 1998.
Nous allons comparer 2 hypermarchés de même taille, même type de clientèle et d'environnement concurrentiel.
Ils doivent flexibiliser leurs organisations mais deux stratégies différentes sont mises en place.
- 54 % d'employés sont à temps partiel sur des contrats hebdomadaires courts (20 à 25 heures de travail par semaine), ici il s'agit d'un temps partiel subi.
- des horaires très "flexibles": beaucoup d'heures complémentaires, imprévisibles pour les hôtesses de caisse (certaines sont sollicitées par téléphone chez elles, lorsqu'il y a du monde)
- absence de jour de repos fixe
- aucune formation ni négociation
- pas de progression dans l'échelle des salaires
Quelques remarques du directeur du magasin
Résultats économiques :
le ratio frais de personnel / chiffres d'affaires = 8.5 %,
il est plus élevé que la moyenne car il y a une rotation du personnel, de l'absentéisme qui augmentent les coûts du travail
Sa marge brute atteint 14 % et son chiffre d'affaires décline lentement d'une année sur l'autre
Voici un lien qui confirme les dégâts sociaux de cette hyperflexibilité
- 11 % d'employés à temps partiel sur la base de contrats longs (30 heures par semaine), c'est donc plutôt un temps partiel choisi.
- très peu d'heures complémentaires, les derniers recrutements se font à temps plein. Même aux caisses, il n'y a que 3 personnes sur 19 à temps partiel.
- les horaires sont négociés en tenant compte des contraintes familiales, les heures supplémentaires, peu nombreuses, sont récupérées la semaine suivante.
- un système de rémunération et de primes plus favorable que la convention collective. En plus, si les résultats sont bons, il y a un intéressement représentant jusqu'à 2 mois de salaire.
- une mobilité entre les rayons, et entre les caisses et les rayons pour les employés qui sont donc polyvalents.
- le comité d'entreprise se réunit régulièrement, aucun conflit social n'a éclaté.
Résultats économiques:
le ratio frais de personnel / chiffres d'affaires = 5.75 %, il est plus faible que la moyenne car la rotation du personnel est quasi-nulle, l'absentéisme est aussi peu élevé.
Sa marge brute atteint 15.21 % et son chiffre d'affaires progresse.
Les hypermarchés ont en effet l'obsession d'avoir une main d'oeuvre flexible, des horaires souples.
Je voudrais, dans ce dernier article, montrer que des choix importants peuvent être réalisés en matière d'organisation et de condition de travail. Ces choix ne sont pas "techniquement" déterminés: autrement dit, face à un impératif économique (offrir un service, être compétitif), il existe plusieurs manières de s'y adapter.

Cet article s'inspire largement de la Revue Personnel-ANDCP n°391, juillet 1998.
Nous allons comparer 2 hypermarchés de même taille, même type de clientèle et d'environnement concurrentiel.
Ils doivent flexibiliser leurs organisations mais deux stratégies différentes sont mises en place.
Exemple n°1: Une hyperflexibilité sur la base d'une gestion autoritaire

- des horaires très "flexibles": beaucoup d'heures complémentaires, imprévisibles pour les hôtesses de caisse (certaines sont sollicitées par téléphone chez elles, lorsqu'il y a du monde)
- absence de jour de repos fixe
- aucune formation ni négociation
- pas de progression dans l'échelle des salaires
Quelques remarques du directeur du magasin
Quand ils sont à 20 heures, ils bossent 20 heures. Vous les mettez à 39 heures, il n'y aura pas 39 heures de travail: il y a les pauses, les moments de partir, il y a toujours du temps perdu...
Demain, si j'ai un employé qui part, je le remplace par 2 contrats de qualification. C'est vraiment bien cela, ce sont des jeunes qui en veulent.
Demain, si j'ai un employé qui part, je le remplace par 2 contrats de qualification. C'est vraiment bien cela, ce sont des jeunes qui en veulent.
Résultats économiques :
le ratio frais de personnel / chiffres d'affaires = 8.5 %,
il est plus élevé que la moyenne car il y a une rotation du personnel, de l'absentéisme qui augmentent les coûts du travail
Sa marge brute atteint 14 % et son chiffre d'affaires décline lentement d'une année sur l'autre
Voici un lien qui confirme les dégâts sociaux de cette hyperflexibilité
Exemple n°2: Une flexibilité négociée
- 11 % d'employés à temps partiel sur la base de contrats longs (30 heures par semaine), c'est donc plutôt un temps partiel choisi.
- très peu d'heures complémentaires, les derniers recrutements se font à temps plein. Même aux caisses, il n'y a que 3 personnes sur 19 à temps partiel.
- les horaires sont négociés en tenant compte des contraintes familiales, les heures supplémentaires, peu nombreuses, sont récupérées la semaine suivante.
- un système de rémunération et de primes plus favorable que la convention collective. En plus, si les résultats sont bons, il y a un intéressement représentant jusqu'à 2 mois de salaire.
- une mobilité entre les rayons, et entre les caisses et les rayons pour les employés qui sont donc polyvalents.
- le comité d'entreprise se réunit régulièrement, aucun conflit social n'a éclaté.
Résultats économiques:
le ratio frais de personnel / chiffres d'affaires = 5.75 %, il est plus faible que la moyenne car la rotation du personnel est quasi-nulle, l'absentéisme est aussi peu élevé.
Sa marge brute atteint 15.21 % et son chiffre d'affaires progresse.
1 / Alors, quel type de flexibilité s'avère le plus souhaitable pour les employés ? et pour l'entreprise ?
2 / Quelles sont les raisons de sa supériorité ?
3 / Pourquoi la gestion des ressources humaines à très court terme présente plus d'inconvénients que d'avantages ?
4 / Pourquoi un tel écart entre ces deux hypermarchés alors que leur environnement est identique ?
2 / Quelles sont les raisons de sa supériorité ?
3 / Pourquoi la gestion des ressources humaines à très court terme présente plus d'inconvénients que d'avantages ?
4 / Pourquoi un tel écart entre ces deux hypermarchés alors que leur environnement est identique ?
Caisse que vous en pensez ?
