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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 16:27
Je vous conseille cette petite vidéo (en anglais avec les sous-titres en français) de 4 minutes qui relate la façon dont les médias américains ont traité l'actualité en février 2007.



Alisa Miller dirige Radio Public International et nous livre une mini-conférence avec diaporama qui me laisse songeur ^^



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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 17:16
Je viens de lire le rapport du sénateur David Assouline (il est en ligne ici).

Il reprend en grande partie un certain nombre de constats que j'avais déjà réalisé (voir mes billets ici, et ^^).






Je vais donc publier quelques extraits, et puis à vous de l'exploiter (non mais) sous la forme d'un billet analytique (le fameux plan constat - analyse - conséquence ^^)



Constat:

Est-il utile de commenter cette image ?




Par contre, on le voit, vous êtes, vous les jeunes français, champions du monde ! Si...Si...regardez :


Vous avez en effet le ratio blogs / internaute le plus élevé: autrement dit, ce sont les français qui ont le plus grand nombre de blog par jeune !!




Quelques éléments d'analyse

cela doit rappeller quelques éléments de cours à certains - du moins je l'espère -:


1 / Une fonction nouvelle de socialisation

Je cite le rapport:

 "M. Philippe Gutton, psychiatre et psychanalyste insiste sur l'idée que l'adolescence est un moment de création de soi, caractérisée par la phobie du regard des autres.
Or, l'usage des moyens de communication que sont le téléphone mobile et l'Internet permet aux adolescents de communiquer entre eux, en utilisant un langage particulier, tout en échappant au regard des adultes.

Ainsi, dans l'espace délimité, privilégié et cloisonné qu'est leur chambre, les jeunes s'évadent via Internet dans un autre espace à la fois transgressif (eux seuls ont le sentiment de le maîtriser) et décuplant les possibles. "



Cela n'est évidemment pas sans poser un certain nombre de nouveaux problèmes importants.

Ici on peut en citer trois:

- la préservation de l'intimité : ce sont les risques liés à la divulgation d'informations personnelles  (voir ici.)


- l'impact sur la santé avec l'apparition de nouveaux comportements addictifs (voir ici)


- les déviances liées aux univers virtuels avec les questions liées la violence et l'acccès à des univers réservés aux majeurs (voir ici)


 

 


2 / Une fonction de communication communautaire


Je cite le rapport:

"Les jeunes de 16 à 18 ans affichent clairement leurs préférences dans leur navigation et construisent leur ré

seau en fonction de leurs passions. L'hyper-accessibilité du média Internet permet aux jeunes de les vivre plus intensément que toute autre génération en étant informés sur leurs passions à la fois en contenu et en expériences vécues par les autres. 

Mme Evelyne Bevort a bien souligné que cette socialisation n'était pas seulement virtuelle mais qu'elle avait un impact bien réel sur la vie des jeunes.

Ainsi permettait-elle à certains jeunes vivant dans des familles recomposées ou ayant quitté leur pays d'origine de réconcilier une double vie familiale. L'outil Internet leur donne la possibilité d'être en même temps « ici et là-bas » et de résoudre des contradictions dont ils ne parvenaient pas à sortir."



Mais là encore, de nouveaux problèmes apparaissent:


- le renforcement du sentiment communautaire: les jeunes internautes ont tendance à aller chercher l'information sur des sites où ils vont régulièrement (fonctionnement en réseau). Mais c'est en partie au détriment d'autres sites qui pourraient également leur ouvrir d'autres univers.


- la question de la désinformation et de la manipulation: beaucoup de sites / blogs apportent un regard neuf, original mais ils peuvent aussi être peu rigoureux, manipulateurs...


Je cite le rapport:

"Jacques Piette, dans son article sur « Le nouvel environnement médiatique des jeunes : quels enjeux pour l'éducation aux médias »fait un constat similaire : « pour les jeunes, la question de la fiabilité de l'information n'est pas plus pertinente en ce qui concerne Internet que les autres médias, exception faite des pages personnelles, lieu d'expression et d'opinions individuelles, dont ils reconnaissent la nature subjective.

Pour le reste, ils s'en remettent à leur bon sens. Les jeunes ont peu conscience des motivations qui président à la création de sites web et leur esprit critique à cet égard est très peu développé. Certaines études constatent que, interrogés sur leur capacité à discerner la valeur, la crédibilité et la qualité de l'information trouvée sur le net, les jeunes avouent toutefois ne pas toujours disposer d'outils leur permettant d'évaluer judicieusement les contenus en ligne ».


Il faut donc veiller à croiser les sources, examiner leur validité / légitimité pour hiérarchiser les informations.

Ce qui me permet de faire la transition avec la dernière partie: quelles conséquences peut-on en tirer ?

 

 


III / Conséquences:


Je cite le rapport:

"De nombreux chercheurs soulignent les incidences favorables de l'utilisation des médias, notamment d'Internet sur l'attitude générale des élèves.

Le rapport  de l'IGEN souligne, par exemple, les effets très positifs de l'utilisation des NTIC sur les motivations des élèves dans les réseaux ambition réussite, où l'on peut considérer que le fossé entre l'Éducation nationale et les élèves est le plus creusé.

Il constate que « le fait que les élèves soient mis en situation de fabriquer eux-mêmes des contenus sur des supports médiatiques leur permet de comprendre les véritables finalités des médias et l'intérêt de ce qu'ils apprennent, leur donne de l'audace et les incite à prendre des initiatives, à l'oral comme à l'écrit. La manipulation d'un matériel souvent sophistiqué les rend plus autonomes et plus rigoureux, les pousse à assumer des responsabilités, à organiser et à planifier leur travail ».


M. Thierry de Smedt a fait le bilan des compétences qui sont améliorées lorsqu'un enseignement aux médias existe :

- la compétence « spectatorielle » (repérer un contexte, avoir une analyse sur la source) en sort clairement renforcée ;

- la consolidation de la compétence dans la construction de documents médiatiques dépend en grande partie de la pédagogie utilisée ;

- la meilleure appropriation des autres matières n'est pas démontrée ;

- l'engagement citoyen de l'élève semble, quant à lui, augmenter de façon spectaculaire ;

- sur la question de la motivation des élèves, l'influence de cet enseignement se manifesterait par une diminution de l'absentéisme "


Source: François Guité



Bilan: je pense qu'il va effectivement falloir assez rapidement que j'intègre de plus en plus dans mes cours ces thèmes. Cette année, j'ai déjà abordé ce thème avec mes classes à trois moments:

- en début d'année, j'ai présenté à toutes mes classes ce qu'est un agrégateur de flux RSS (netvibes) ainsi que l'univers netbibes des sciences économiques et sociales (voir ici)

- en octobre: j'ai animé une séance de présentation de Google dont j'ai retraçé quelques épisodes ici.

- en novembre: avec les élèves de Terminale, j'ai abordé la question de l'impact des nouvelles technologies sur le changement social.

J'ai en préparation des séances avec les secondes des Travaux Dirigés sur l'entreprise Google...mais le temps me manque pour aller plus loin, et notamment construire des cours sur les nouveaux modèles économiques (dont j'avais évoqué les thèmes ici et )


En voilà un jeune... il est sorti du web 2.0...hé bien, il est en tête des ventes ^^




Découvrez Grégoire!


Alors, venez...rentrez dans la danse...allez, venez ...


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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 18:15
C'est le dernier billet de cette série consacrée au web 2.0. Après avoir tenté de cerner la logique de fonctionnement des sites "web 2.0" (épisode 1 et 2), nous avons pointé une première question-problème, à savoir celle de la propriété intellectuelle (épisode 3). Aujourd'hui, dernière question économique, celle de la concurrence.





Nous savons que Microsoft occupe (encore) une part dominante dans les logiciels d'exploitation. Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes. Et pour le web 2.0 ?
La logique économique paraît être la même, pour une raison déjà évoquée, celle des externalités de réseau.
Pour simplifier, disons que les deux acteurs en présence (à savoir les utilisateurs et les entreprises gérant les sites web 2.0) ont intérêt à ne pas multiplier les plateformes sous peine de perdre l'efficacité du service rendu.
En effet, si on se place du côté des utilisateurs, plus l'audience du site est importante et diversifiée, plus il pourra étendre et enrichir son réseau social (audience de son blog, contacts avec d'autres utilisateurs etc...).
Si on se place du côté des entreprises, l'un des moyens de se financer pour développer leur site est la publicité, qui sera d'autant mieux vendue aux annonceurs que les utilisateurs sont nombreux.
Par conséquent, pour attirer le plus d'utilisateurs possibles, elles sont prêtes à proposer de multiples "services".



Là encore, partons d'un cas concret, celui de Google. Nous savons que cette entreprise est - comme Microsoft - en position dominante sur les moteurs de recherche, qu'elle a multiplié les acquisitions ces dernières années (dont celle de You Tube).

Mais que produit Google ?

A priori, la question parait simpliste: Google produit un service marchand (voir épisode 1 et 2) qui est celui du traitement de l'information avec un moteur de recherche sur le web.

La réalité est un peu plus complexe: Google propose de multiples services:

  • News : Alertes Google, Google News, Google Finance
  • Blogs et RSS : Blogger, Feedburner, Google Reader
  • Analyse de trafic : Google Analytics, Trends, Zeitgeist, Site Maps
  • Bureautique : Gmail, Docs & Spreadsheet, Calendar, Writely, Desktop, Greenborder
  • E-commerce : Google Checkout, Base, Froogle
  • Téléphonie : Dodgeball, Google Phone (en préparation), GTalk, services mobiles
  • Publicité : AdWords, AdSense, AdScape, Double Click
  • Réseaux sociaux : Orkut, Jotspot, Google Groups
  • Audiovisuel : Google Video, YouTube, Google Images, Picasa
  • Cartographie : Google Earth, Google Maps, Sketchup, Mars, Panoramio.




Il ne s'agit pas de diaboliser Google (cf Big Brother Google is watching you), mais de tenter de comprendre quelques éléments de sa stratégie face au marché.

Premier élément d'analyse, ces services permettent d'assurer les fameuses externalités de réseau en créant une convergence numérique des biens de contenus à partir de la plateforme élaborée par Google. Il n'y a là rien de bien nouveau, d'autres entreprises industrielles ont déjà réalisé des opérations de concentration dans cette optique.


Deuxième niveau d'analyse : ces services sont fournis gratuitement peuvent aussi être des produits d'appels pour gagner des utilisateurs et donc générer une audience permettant de justifier les espaces publicitaires.
Pour le moment, Google n'est pas en position dominante dans toutes les activités du web (voir
ce graphique sur Media & Tech) , même sur le marché de la publicité on line.
Mais dans certains secteurs, la position de Google est très importante.
Voici les parts de marché sur les moteurs de recherche  en 2006
source:
webrank info

et sur les agrégateurs de flux RSS (source:
Fred Cavazza)



Ces services sont distribués en dessous de leur coût (puisqu'ils sont fournis gratuitement), ce qui est aussi une stratégie qui vise à éliminer la concurrence.
Pourtant, Google ne peut pas être un concurrent de Microsoft (avec sa suite office) sur le marché des suites logicielles puisqu'il ne cherche pas à y dégager des profits (contrairement à Microsoft).
C'est donc que l'enjeu économique n'est pas là.
Ce qui est visé par Google, c'est bien le contrôle de l'accès aux contenus informationnels.


L'excellent article de Xavier Wauthy
"Ce que cache la gratuité apparente des réseaux sociaux numériques" qui m'a servi de base pour l'ensemble des billets sur le sujet (Regards Economiques numéro 59 mai 2008).

Le sujet mériterait de plus amples développements, ces billets ne sont, pour moi, qu'une ébauche. 

Sinon, ça va ?

Je vous sens un peu tendu en ce moment, non ?

Ah mais oui, demain, il y a les résultats du bac ^^

Allez, comme le dit Jehro, "Long is the way"...


Découvrez Jehro!





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1 juillet 2008 2 01 /07 /juillet /2008 17:30
Nous avons essayé jusqu'à présent de montrer en quoi le fonctionnement économique du web pouvait à la fois ressembler à des logiques déjà connues mais qu'il s'en distinguait par ses spécificités (pour aller vite, ce sont celles des réseaux sociaux).




Aujourd'hui, essayons de cerner les enjeux liés à deux problèmes de régulation marchande posés par le fonctionnement du web 2.0. Dans ce billet, c'est la question de la propriété intellectuelle qui sera envisagée.






Lawson Wood  bribery



Le fonds de commerce des opérateurs du web est constitué par les contenus informationnels fournis par les utilisateurs eux-mêmes.
Or, dans la grande majorité des cas, ces biens de contenus font l'objet d'une protection (celle du droit d'auteur).
Autrement dit, pour les diffuser, il faut au préalable demander l'accord des auteurs.

Quel est l'enjeu ? Comme souvent, il s'agit d'un problème de partage des richesses.

Mais ce qui complique un peu les choses, c'est la nature des biens échangés.

Prenons l'exemple de You Tube. Ce n'est pas ce site qui produit directement les biens de contenus violant les droits d'auteur (mais les utilisateurs qui mettent en ligne les vidéos illicites).

Cependant la responsabilité de You Tube n'est pas nulle: en effet, la stratégie commerciale de cette entreprise repose sur une intense circulation des biens de contenus qui lui permet de justifier ces tarifs publicitaires auprès des annonceurs (je ne sais pas si vous avez remarqué l'inflation publicitaire sur Dailymotion, le concurrent de You Tube).

On avait déjà rencontré ce cas de figure avec l'entreprise eBay. Le site de ventes en ligne doit son succès en partie au fait qu'on "trouve de tout chez eBay"...même des contrefaçons !
L'entreprise se défendait en mettant en avant le fait qu'elle se contentait de mettre en contact acheteurs et vendeurs.
Cependant l'intérêt d'eBay n'est pas que la contre-façon se multiplie, c'est pourquoi l'entreprise essaye de rechercher une collaboration avec les grandes marques de luxe . Les marques les plus contrefaites rechignent à cette collaboration - il y a quelques semaines, elles ont même réussi à faire condamner eBay
. On comprend aussi pourquoi: elles voient une partie de leurs produits se vendre sur eBay, ce qui représente pour elle un certain manque à gagner. (Hier, on apprenait qu'eBay était lourdement condamné voir article du monde).


Dans le domaine des biens de contenu, il y a quand même une différence de taille qui complique la donne: la diffusion massive sur les sites de partage représente certes une perte sèche pour les auteurs, mais leurs contenus deviennent beaucoup plus visibles, leur audience s'accroit. Ce qui permet indirectement d'améliorer leur audience, ayant ainsi acquis une "réputation" sur les différents sites de partage (on pourrait alors parler des
effets positifs liés aux externalités de réseau)

Cet argument fonctionne essentiellement avec des auteurs qui n'ont pas une forte notoriété.
Songez au succès de
Kamini, qui a d'abord mis en ligne sa vidéo sur le web avec des millions d'internautes qui ont pu visionner son clip. Repéré par une maison disque, il a pu réaliser et vendre son album, bénéficiant de sa réputation acquise sur le web.

Le problème est tout autre pour les artistes déjà reconnus.
Tout le monde sait que la part qui revient à l'auteur dans la vente marchande de son bien de contenu (CD, DVD...) est très faible (pour donner un ordre de grandeur, cette part est équivalente à moins de 10 % du prix payé, les artistes confirmés dégagent des revenus substantiels de leurs concerts), ce sont bien évidemment les distributeurs et la majors des industries culturelles qui ont été les principaux bénéficiaires. Ce sont elles qui voient donc leur rentabilité s'écrouler. Elles sont évidemment pour des sanctions plus fortes contre les utilisateurs qui refusent de s'acquitter des droits d'auteur.




                                                                Pablo Picasso le vieux guitariste


Quelles sont les alternatives ?
Sans prétendre à l'exhaustivité, j'ai essayé de faire une rapide synthèse.

stratégie A: agir sur l'oeuvre originale.

On peut avoir ici plusieurs axes stratégiques:

     - agir sur la compétitivité-prix: on a vu ces dernières années baisser le prix de certains CD et DVD qui concernent des oeuvres sorties il y a quelques années.

     - améliorer la compétitivité "structurelle"': vendre l'oeuvre originale en proposant des "bonus" : scènes coupées, interview du créateur, carte de membre du fan-club, gadgets divers et variés...En enrichissant le contenu informationnel, on rend l'original plus attractif pour l'acheteur.

     - autre stratégie: comme le groupe Radiohead, les artistes se passent de distributeur, et vendent eux-même leurs oeuvres en demandant une participation aux internautes (voir cet article:
quelques enseignements à tirer de l'expérience Radiohead source: numerama)


stratégie B: agir sur les copies.

On peut essayer de limiter techniquement les copies (objectif des
DRM), taxer davantage les supports (comme c'est le cas avec les CD et DVD vierges).



stratégie C: agir sur les diffuseurs

Comme naguère, un organisme est chargé de surveiller le respect des règles (par exemple la SACEM), et notamment les règles concernant les sites de partages en ligne qui doivent s'acquitter d'un certain nombre de taxes. Voir cet article: Deezer rapporte uniquement 70 000 € à la SACEM en 6 mois (source: Numerama)


Autre solution: proposer une offre de téléchargement légal : le succès sans précédent d'Apple avec son itunes store montre qu'il est possible de diffuser des biens culturels dans la sphère marchande.

Enfin, il reste la question de la licence globale dont on trouve un très bon schéma dans l'article de wikipédia ainsi qu'un rapide état des lieux des arguments pour / contre.



Pour prolonger:

-
l'article de Rue89
sur la nouvelle loi Hadopi
- les
réactions à ce projet de loi
regroupées par PC impact
-
la jurisprudence
opposant des artistes à des sites de partage en ligne (source: Légalis.net)
- Econoclaste en avait déjà parlé,
excellent article ici
et un autre article ici
- un point de vue radical et futurste: celui de Eben Moglen (à lire sur l'excellent Internetactu.net)


Il me manque encore un dernier aspect, cela fera donc l'objet d'un billet supplémentaire (épisode 4). A suivre donc...

Bah, je sais, pour le jingle, ce n'est pas très original, c'est un grand classique (pour tout vous dire, c'est le premier CD que je me suis acheté, c'était en l'an 20 avant iPod et eMule ^^)



Découvrez Pink Floyd!





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27 juin 2008 5 27 /06 /juin /2008 07:06
Nous avons vu qu'un des moyens privilégiés de financer les sites de type web 2.0 était la publicité affichée sur les pages utilisées par les internautes. Le principe est simple: il faut proposer un contenu informationnel qui recueille une large audience de manière à pouvoir vendre des espaces publicitaires. Il n'y a donc rien de bien nouveau par rapport à ce qui se fait déjà dans les médias "traditionnels" (comme par exemple avec les chaines de télévision hertziennes privées ou les stations de radio privées).



Pourtant, le web 2.0 apporte des innovations importantes.

La première concerne l'individualisation des usages.

En effet, comme les médias traditionnels, le succès d'un site web 2.0 se mesure au nombre d'utilisateurs qui rentrent en contact mais pas seulement.
Un autre aspect rentre en ligne de compte: les types de contacts noués entre les utilisateurs (aspects qualitatifs).
Autrement dit, les utilisateurs vont choisir avec qui ils vont rentrer en relation, suivant leurs centres d'intérêts respectifs. Ce qui permettra aux publicités de mieux cibler leur audience et donc d'être plus efficace.

Les réseaux sociaux (
My Space, facebook mais aussi les digg-like) combinent donc une audience importante et une logique d'appariement sélectif (ou électif comme l'écrivait Daniel Cohen).



Par conséquent, on peut mieux saisir la différence entre la publicité sur les médias traditionnels et les sites web 2.0.
Pour les premiers, l'audience est massive mais l'impact de la publicité est de faible qualité (à vouloir toucher tout le monde, on touche peu de personne).
Pour les seconds, l'audience est plus faible mais l'impact du message publicitaire est plus fort (car son contenu sera relié aux centres d'intérêts de l'utilisateur).

"
l'IAB a mené une étude pour mesurer l'impact de la publicité en ligne sur les ventes d'un produit de grande consommation, dans le cadre d'un plan plurimédia avec couplage TV-Internet. Deux panels de femmes consommatrices de céréales ont été exposés à la publicité TV du produit, en locurence c'est Kellog's Spécial K, puis un des deux a été exposé à la publicité sur internet.

Résultats : les ventes en magasin ont augmenté de +8% pour le panel TV+Internet et on note que le nombre de nouvelles consommatrices est alors en augmentation de 13%. Très bonne nouvelle pour le média Internet qui voit ainsi son efficacité démontrée, si certains en doutaient encore. L'acquisition de nouveaux consommateur (+13%) est un vrai plus car comme tout le monde le sait, ce qui coûte le plus en terme d'investissement c'est la conquête de nouveaux consommateurs, bien plus que la fidélisation."

source: evocom


L'idée que la publicité en ligne est plus efficace que la publicité à la télévision est encore confirmée par cette étude de Simmons (citée par cet article de TechCrunch).


Pour approfondir, on peut consulter le blog de Cyril Esacarguel
.


Et la publicité sur le web n'a pas fini de nous surprendre avec les innovations technologiques (comme le Rich Media) comme on peut le lire dans cet article de Gael Muller
(source: eMarketing Garden).


De même, j'ai trouvé cet
interview de J.H. Lorenzi à propos du rôle économique positif de la publicité (source: UDA mars 2007)



Ce n'est pas la seule nouveauté du web 2.0. Allons plus loin.
Nous le savons, une autre particularité du web est de faire participer les utilisateurs.

En quoi cela peut-il intéresser le gestionnaire d'un site ?

Toutes les informations fournies par les individus (au moment de l'inscription, puis au fur et à mesure des utilisations) sont d'une précieuse utilité économique: elles peuvent être revendues aux annonceurs.

Qui ne s'est jamais étonné de voir arriver des messages publicitaires dans sa boite aux lettres électroniques alors qu'il ne s'est jamais rendu sur le site en question ?^^.

Ainsi, nous participons indirectement au financement de ces sites en leur fournissant des informations gratuitement qu'ils pourront revendre par la suite. La gratuité n'est donc qu'apparente. Nous produisons donc des externalités positives (pour les entreprises qui en bénéficient) !
Ce qui nous laisse à penser qu'il y a là une possibilité de construire un marché mondial sur l'exploitation des multiples curiosités humaines !

                                   René Magritte : Ceci n'est pas une pipe


Certains ont déjà commencé à s'en rendre (par exemple: sur Facebook, il existe un groupe dont l'objet est de refuser la vente des données personnelles aux sociétés de marketing).
Nous verrons justement dans le prochain article les enjeux de ces questions.

Pour avoir une approche plus détaillée, consulter cet article de Thomas Serval sur "
les aspects de l"économie d'internet" (source: Ateliers d'Internet de l'ENS).
Dans un autre registre,
le blog Advisium comporte des éléments d'analyse relativement intéressants.




Allez, j'aime bien celui-là, non ?

Découvrez Manu Chao!



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25 juin 2008 3 25 /06 /juin /2008 17:09
Quelle peut être la logique économique du web ? Comment concilier la gratuité d'utilisation des sites web avec la nécessaire rentabilité des capitaux engagés par ces entreprises qui produisent ces sites ?
La logique économique est-elle radicalement nouvelle ? Quels problèmes posent les stratégies de ces entreprises ?


Telles sont les principales questions à laquelle cette série de trois articles tentera d'apporter des éléments de réflexion.
Pour cela, essayons d'utiliser les notions / mécanismes économiques afin de cerner les enjeux des révolutions technologiques en cours.

Aujourd'hui premier épisode:

Le web 2.0: une révolution dans l'industrie des contenus informationnels.



Quels sont les types de contenus diffusés sur le web ?

Au départ, les informations échangées étaient souvent liées à des contenus écrits (numérisés), mais les évolutions technologiques récentes (en particulier le haut débit) ont enrichi le contenu de ces informations en y ajoutant le son et l'image. Toutes ces informations numérisées sont qualifiées de "
biens de contenu"

Pour les novices, on peut lire lire un article du journal du net "comment reconnaitre un site web 2.0"


                                      les principaux services web 2.0

Quelles sont leurs caractéristiques au sens économique ?

Trois éléments majeurs caractérisent ces contenus numériques:

- leur reproduction est très facile techniquement : on obtient ainsi un clone du produit original, ce qui n'était pas le cas avec les supports techniques plus anciens comme
la cassette audio ou celle du magnétoscope qui faisaient perdre en qualité.
Leur reproduction est également facilitée d'un point de vue économique: le coût des supports (CD, DVD...) et de la reproduction (graveur, logiciels) est dérisoire maintenant.

- leur non - rivalité: le fait que j'utilise les sites n'empêche pas autrui d'en profiter.
Ainsi des milliers de personnes en même temps visionnent les vidéos sur You Tube et écoutent de la musique sur les sites de partage comme Deezer, Jiwa ou Lastfm...Ce n'est pas nouveau (on le verra par la suite) mais le web démultiplie les possibilités en la matière.

- leur non-excluabilité: on peut difficilement empêcher des individus de consommer ces contenus au motif qu'ils n'ont pas payer le prix. Cette seconde caractéristique est cependant moins prononcée que la première (certains contenus sont payants en partie)

Ces deux dernières caractéristiques font des contenus informationnels "
un bien public" pour les économistes.
L'exemple classique du bien public est l'éclairage collectif: il y a bien non-rivalité  (personne ne peut empêcher autrui d'en profiter en même temps que lui) et non-excluabilité (on ne peut pas empêcher quelqu'un qui passe à côté d'en profiter sous prétexte qu'il n'a pas payé)
Du fait de ces deux caractéristiques, ces biens ont une originalité: leur production par une entreprise privée est impossible. Elle ne pourra pas rentabiliser ses investissements. En effet, comment fixer un prix de vente lorsque tout le monde peut consommer ces contenus sans exclusion ? Qui voudra alors s'acquitter de ce prix ?

Une des portes de sortie est de réintroduire de l'excluabilité par le biais de
la propriété intellectuelle.
Ainsi, même si la consommation de ces contenus reste non-rivale, seuls ceux qui ont acquitté des droits d'auteurs peuvent bénéficier du produit.

Cette logique a relativement bien fonctionné dans les industries culturelles traditionnelles.
Par exemple: la séance payante de cinéma repose sur ce principe, il y a non-rivalité car chaque spectateur ne prive pas autrui de regarder le film mais l'excluabilité est présente car ceux qui n'ont pas payé le ticket ne rentrent pas ^^.

Par conséquent, pour parvenir à rentabiliser la diffusion des contenus, il fallait contrôler le contenant.

Ce qui explique en grande partie la montée en puissance des grandes majors dans le domaine de la distribution (des films, livres, disques...)

L'économie numérique remet en cause cette logique économique pour 2 raisons:

- le
droit d'auteur est mis à mal par les facilités de reproduction des contenus.
Auparavant, on pouvait sanctionner les pirates car ils étaient peu nombreux étant donné les difficultés techniques de la reproduction.
Aujourd'hui, les chiffres concernant le téléchargement illégal donnent le vertige: il existe des millions de pirates qui téléchargent illégalement (j'en connais ^^).
On peut effectivement en sanctionner quelques uns, mais la dissuasion risque d'être inefficace (beaucoup trouve déjà de multiples
parades).

- le web 2.0 possède deux particularités:
         * les utilisateurs vont diffuser de façon décentralisée les contenus (à travers les très nombreux réseaux
P2P), ce qui ruine les bases des circuits classiques de contrôle de la diffusion

         * en même temps, le web permet une diffusion à l'échelle planétaire à travers quelques sites qui centralisent cette diffusion (comme You Tube ou Daily motion pour la vidéo)

Ce qui est à la fois un problème (pour les distributeurs traditionnels comme les majors de l'industrie du disque ou du cinéma) et une opportunité (pour les nouvelles "majors" du web).
Ce changement de rapport de force entre les acteurs n'est pas sans faire penser à un phénomène économique bien connu depuis J.A. Schumpeter, à savoir le
mécanisme de la destruction créatrice.

En effet, les industries culturelles traditionnelles sont en train de perdre des marchés, de supprimer des emplois, étant donné que le contrôle du contenant leur échappe d'une part.
Mais d'autre part, le développement exponentiel des nouvelles majors du web ouvre d'autres perspectives.
Pour elles, la question majeure est de savoir comment diffuser gratuitement des contenus informationnels tout en étant rentable ?
On retrouve alors un mode de financement rien de plus classique : la publicité.
Comme TF1 ou Europe 1 jadis (^^), Google, You Tube, les réseaux sociaux produisentt à la fois un bien public (les informations accessibles à tous "gratuitement") et un "bien privé" (les
espaces publicitaires chèrement achetés par les grandes entreprises).

Comme on le voit avec ce jeu de société, la question est bien là-même (mais si...regardez au bas de la boite ^^)


J'aime bien cette citation de Jacques Prévert :
"C'est vieux comme le monde la nouveauté" ^^


Prochain article: le Web 2.0, une nouvelle logique de marché.

A suivre...

Pour prolonger, on peut relire cet article de SOS...SES..."le
gratuit est-il l'avenir ?"

Allez, on se quitte avec ce jingle: The man who sold the world (comment ? vous ne voyez pas le lien avec le billet ???)


Découvrez Nirvana!




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11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 06:46
Hé oui, le 11 juin 2006 débutait l'écriture du premier article de SOS...SES...Je Blogue !

Je tapais fébrilement mes premiers mots, sans mesurer tout ce que cela allait entraîner par la suite.

Voici donc, en ce jour anniversaire (^^), un bilan (en toute modestie évidemment...)









Depuis le 11 juin 2006, le chemin parcouru est impressionnant.

Quelques chiffres:

- 355 articles publiés

- 1966 commentaires

- 115 inscrits à la newsletter

- plus de 5 021 848 pages vues à ce jour

- 140 000 visiteurs uniques



- mois d'avril 2008: record du nombre de pages vues dans le mois: 702 386

- mois de mai 2008: record du nombre de pages vues dans la journée:     98 808




Bon allez, j'arrête le bling bling... Je redeviens sérieux !

SOS...SES...c'est beaucoup plus que cela à mes yeux (sinon, il y a longtemps que je ne tiendrais plus ^^).

C'est aussi un objet personnel multitâche.

En effet, depuis deux ans, quels sont mes différents usages de ce blog ?

Trois innovations différentes que je ne trouvais pas dans l'exercice de mon métier se sont matérialisées avec SOS...SES...

La première innovation est que ce blog me permet de prendre pied dans le web et ses innovations.

Je cherche à comprendre ce qui se produit, quelles conséquences pour notre métier et nos relations avec les élèves. C'est passionnant, très enrichissant personnellement et professionnellement.
Le fait de tenir un blog est un aiguillon qui me pousse à rentrer dans ces univers.



La deuxième innovation, c'est que ce blog m'aide à enseigner.

Il existe énormément de retombées directes ou indirectes que je ne soupçonnais pas auparavant. J'en cite quelques unes:

      - le blog est un moyen d'archiver ma "mémoire": sur SOS...SES, je relate des expériences menées en classe. En écrivant et en relisant les billets, je cherche à comprendre ce qui a marché, ce que je pourrais améliorer.
Le fait d'écrire (même sur un blog) est extrêmement formateur.
Avant, les expériences menées faisaient l'objet d'une réflexion personnelle et / ou d'un échange entre collègues. Maintenant, en plus, cela devient un billet.

     - le blog est un moyen de communication. Je dois veiller à soigner autant la forme que le fond.
Il faut être clair et rigoureux, instructif mais pas trop ennuyeux. Je cherche des titres, je "scénarise", j'illustre mes billets...
Pour cela, je sors des limites traditionnelles des cours classiques qui me paraissent trop étroites (toujours les mêmes documents, les mêmes sujets), c'est un espace de liberté de communication très important (mais avec des limites à ne pas dépasser: pas de langage texto, pas de mise en cause personnelle etc...).

     - le blog est un outil qui prolonge les cours.
Il permet d'analyser des vidéos et des articles qui sont sur le web. Je demande aux élèves de les utiliser (ou nous allons les voir en salle multimédia) et nous pouvons travailler dessus. Je pense aussi que les élèves qui lisent SOS...SES vont intérioriser progressivement un certain nombre de raisonnements liés aux sciences économiques et sociales.

                   Marcel Gotlib, Les Dingodossiers, Dargaud


Enfin, la troisième innovation réside dans le fait que le blog m'aide à créer / entretenir un réseau social.

Je sais, cela peut vous paraitre étonnant (à moi aussi). Depuis que SOS...SES...existe, je garde le contact avec d'anciens élèves, des collègues etc... Lorsqu'ils n'ont pas mon adresse électronique, ils me laissent un commentaire. Par exemple, l'année dernière au mois de juin, on ne voit plus les Terminales. Avec SOS...SES... j'ai gardé le contact avec eux durant les révisions, puis après les résultats du bac (pour les féliciter, connaître leurs notes, leurs impressions...). De même, certains  ex-élèves (devenus étudiants) me parlent de leurs pratiques post-bac...
SOS...SES me permet de mesurer ce que signifie concrètement les "effets réseau".

P.S. hier, c'était mon dernier cours à l'Université pour Tous, j'adresse donc à ceux que je n'ai pas vu toutes mes amitiés pour les bons moments passés ensemble !

                                         Dans la grotte Chauvet...

 
Mon jingle du jour, il tombe sous le sens



Découvrez Alain Souchon!



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2 mai 2008 5 02 /05 /mai /2008 05:44
J'entends parler des cultures numériques.....Mais cela n'est pas lié aux cultures du jardin qui commence sérieusement à se parer de ses plus beaux attributs (lila, muguet, et roses qui pointent leurs effluves...).
Non, les cultures numériques sont encore un objet non-identifié, mais il est facile de deviner qu'il s'agit de nouvelles normes, valeurs, rôles et statuts liés aux pratiques des nouvelles technologies.


Sur
Brich59, j'ai trouvé un schéma qui décompose les principaux éléments de ces cultures numériques. Je cite:

"Nous en sommes à l'ère du numérique et la nouvelle divinité idéitique se nomme CULTURE NUMÉRIQUE ! Nous sommes tant et si bien sous sa coupe que notre intelligence même risque de s'y transformer ! Du coup, tout le monde se met en quatre pour l'honorer de son mieux. La Commission européenne l'a inscrite au rang des compétences-clés. L'Éducation hexagonale lui dédie quelques diplômes. Etc.
Quand on tente de comprendre quelles sont les ramifications de cette chose divinisée, on découvre cinq grandes branches : culture technique informatique, culture bureautique, culture communicationnelle, culture informationnelle et enfin culture esthétique ou artistique (là où 'culture' fait fonctionner son ambiguïté, comme dans cyberculture)."



En ce moment, je suis en train de lire: "Comment le web change le monde: l'alichimie des multitudes" de Francis Pisani et Dominique Piotet aux éditions de l'atelier.
L'ouvrage est passionnant, il me permet de remettre en perspective un certain nombre de découvertes que j'ai faites depuis que je suis dans la blogosphère (j'aurais l'occasion de vous en faire profiter).
 On peut en lire ici une critique sur l'excellent site de non-fiction.

J'ai également trouvé un court reportage vidéo sur nouvo.ch: l'envol du clip low-cost.

Il me permet d'illustrer en quoi le web apporte de nouvelles opportunités :

- le coût d'accès aux nouvelles technologies (en euros et en compétences proprement techniques) est beaucoup moins élevé qu'auparavant...


- ...ce qui permet une relative démocratisation: on le voit, des individus ont accès à des savoirs, des pratiques, des informations qu'auparavant seuls quelques initiés pouvaient possèder.


- ...ces nouveaux entrants bousculent un peu ceux qui sont en place, apportent leur créativité...


- ...qui provient avant tout d'une démarche collaborative (y compris dans le domaine artistique).
Dessin de Anton Van Dalen




Allez regardez moi cela, c'est vraiment étonnant.






P.S.: apparemment, vous en avez...de la culture numérique: si j'en juge par le nombre de pages vues en avril (702 386 pour seulement 6 articles). Merci encore !

SOS...SES... avait déjà abordé ce thème dans ce billet précédent.


Bon, je sais, certains me reprochent d'en faire trop sur le web et les nouvelles technologies...C'est vrai, je l'avoue.

Mais j'ai une explication:

"Les choses ne sont pas telles qu'elles étaient
Je ne mentirais pas
Nous devons tous ensemble faire face à la réalité maintenant
Bien que j'essaie de trouver la réponse
A toutes les questions qu'ils posent
Bien que je sache qu'il est impossible
De retourner vivre dans le passé
Je ne mens pas
Il y a un vent mystique qui souffle dans l'air
Je ne peux le réprimer..."

Natural Mystic Bob Marley

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 06:00
Alors, on va passer au Web 3.0 ??? Le web 3.0, c'est la troisième décade du web: celle de  2010-2020, il sera largement caractérisé par la sémantique en générale (c'est-à-dire par la capacité donnée aux ordinateurs de "comprendre" les documents et les actions qu'ils auront à traiter). Bigre, qu'est-ce que cela pourrait signifier ?

-1-   les limites du web 2.0: elles sont principalement dues à son succès !

En effet, lorsqu'on regarde les données chiffrées, elles donnent le vertige:
     - 1.3 milliards de personnes sont sur le web
    - 100 millions de sites web actifs.

Regardez l'ampleur des données

Ainsi, fin 2007, les européens représentent 12 % des habitants de la planète mais 26 % des usagers mondiaux d'internet, les nord-américains: 5 % des habitants de la planète mais 18 % des usagers mondiaux. Les asiatiques représentent la part la plus plus importante des usagers d'internet (39 %). Le décalage le plus significatif concerne les africains: 14 % des habitants de la planète, mais seulement 3.5 % des usagers mondiaux du web.

Regardons la croissance des utilisateurs d'internet de 2000 à 2007. Là encore, les chiffres sont vertigineux...



=>  vous imaginez la quantité d'information à gérer (sachant que la croissance de cette masse d'information est, on le voit, encore très forte).

D'où
le problème majeur: lorsqu'il y a aura des milliards de pages, la recherche par mots-clés sera-t-elle encore pertinente ?

Autrement dit, Google ne sufft plus: la recherche par mots-clés donnera de moins en moins satisfaction. Il m'arrive souvent de trouver de bonnes références sur Google au-delà des pages 5... (Je rappelle que la pertinence des mots-clés de Google sont classés selon le page rank du site: autrement dit, Google vous donne les résultats de vos mots-clés sur les sites les plus cités...ce qui ne correspond pas toujours à ce que vous cherchez).



- 2- Alors, quelles solutions ?

Il y a des pistes de recherches: la recherche par tag (via delicious, ou ce site relativement intéressant voir ici
).

Parmi les pistes les plus prometteuses, il y a la recherche sémantique.

Essayons d'en comprendre les grands principes.

Notre langage et notre cerveau nous permettent de faire des liens entre les différents mots et les idées, les concepts liés , ces liens seront organisés dans différentes bases de données.
Un exemple ?
Si  j'entends le mot dollar, chez moi, cela évoquera (entre autre...)
     1  / billet donc monnaie => renvoi vers  des mécanismes économiques (logique étant donné mon métier)
     2 / Etats-Unis donc culture => renvoi vers american way of life  etc...

Ces données seront rangées dans différentes catégories, elles évolueront avec nos expériences, nos savoirs, nos émotions etc...

Un ordinateur ne possède pas cette capacité, et on le voit avec Google, il réagit mécaniquement en recherchant les sites qui ne comportent que les mots-clés demandés.

Comment faire ?

Le web 3.0 sémantique consiste à disposer de documents qui décrivent tous les mots et les logiques pour faire les connexions nécessaires à l'aide de deux outils: les schémas et les ontologies.

     - les schémas est une méthode pour organiser les informations, ils sont inclus dans le document (sous forme de métadonnées)

     - les ontologies sont des éléments de vocabulaire qui décrit les objets et les liens entre les objets.

Je sens qu'il y en a qui décrochent, alors j'ai trouvé un excellent exemple: la triologie Star Wars (via
webilus)


On voit ici que les informations sont déjà structurées:
- la série se décompose en plusieurs informations: les planètes, les héros...
- chaque information est connectée à une autre avec un lien logique (telle planète comporte telle ville ou héros, telle planète a été détruite par etc...)


La principale difficulté (pour aller vite), c'est que cette nouvelle façon de fonctionner est difficile à créer (il faut penser les mots clés et leur relation pour chaque document), à mettre en oeuvre (il faut réécrire tout les sites) et à entretenir.

Voici un diaporama qui synthétise plusieurs éléments du web 3.0.




Pour prolonger la réflexion:

- pour débuter, l'article de wikipédia sur le web sémantique

- pour aller au fond des choses, un excellent article : le web sémantique

c'est une traduction française d'Elisabeth Lacombe de l'article de Tim Berners-lee, James Hendler, Ora Lassile



- un article de Techcrunch: la recherche par mots clés atteint-elle ses limites ?

-  un article de Fred Cavazza sur les applications du web 3.0: vers un web 3.0

- la vidéo de Joel de Rosnay sur le web 3.0



Il y en a qui savent très bien expliquer...en chanson !
J'adore ces petits morceaux savoureux... à écouter absolument


free music


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11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 06:15
Voici une courte synthèse d'un article de Chris Anderson, l'auteur de la longue traîne.
Il nous présente une typologie des stratégies d'entreprises pour approcher le marché.
Cela ne va plus être trop commode pour enseigner les différences entre marchands et non-marchands ^^


1 / Le modèle "Freemium"


Le principe est simple: l'entreprise propose d'une part un modèle de base, gratuit, simple et accessible, et d'autre part une version payante, plus élaborée, davantage personnalisée. Le financement repose sur la règle du 1 %: l'ensemble des utilisateurs qui payent la version élaborée (soit 1 % du total des utilisateurs) financent l'utilisation gratuite des autres utilisateurs (soir 99 % du total). Cela suppose que les coûts engendrés par les 99 % d'utilisateurs soient très faibles, puisqu'ils doivent être financés par seulement 1 %.
Exemple ? Vous connaissez tous des logiciels "gratuits", mais on vous propose de passer à la version "pro" car elle offre plus de fonctionnalités. L'avantage, c'est qu'en ayant diffusé de multiples échantillons de son logiciel de base, l'entreprise va créer elle même sa demande pour la version pro.

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2 / Le modèle "publicitaire"


On trouve évidemment dans le journeaux gratuits la référence du modèle: Métro, 20 mn produisent des informations gratuites pour les lecteurs, mais payantes pour les annonceurs. Je vous en avais déjà parlé dans ce billet.
Les bannières de Google, les paiements par clic, l'achat de mots-clés...la publicité trouve sans cesse de nouveaux circuits pour venir jusqu'à nous. Si vous êtes sur les réseaux sociaux, comme Facebook, on s'aperçoit vite qu'elle est de plus en plus présente, personnalisée et efficace.
Rappelez-vous le film Minority Report de Spielberg: Tom Cruise arrive devant un écran situé dans la rue, un faisceau laser scanne son oeil, et aussitôt, des publicités liées à ces centres d'intérêt, son histoire personnelle lui sont données. Bigre !


3 / Le modèle des "subventions croisées"


L'entreprise vous offre (quasi)gratuitement un bien ou un service pour vous inciter à en acheter un autre
.
Par exemple, une grande surface peut faire des promos "à prix coûtant" (sur l'essence) car elle espère vous vendre de l'électroménager sur lequel son bénéfice sera élevé. La fixation du prix des différents produits doit tenir compte de dimensions psychologiques. Ici, les gens râlent après le coût de l'essence, les médias entretiennent cet état d'esprit, les consommateurs vont donc être à la recherche des prix les moins chers dans ce domaine, mais ils seront moins regardants sur l'achat d'une cafetière expresso.

On peut citer des exemples très connus qui fonctionnent de plus en plus sur ce modèle économique:
- votre fournisseur de services de téléphonie mobile ne va pas augmenter le prix de votre consommation mensuel (car il sait que c'est la première chose que vous regardez), mais il va augmenter la taxe mensuelle sur tel ou tel service (boite vocale).

- à Noel, vous avez craqué sur une console de jeux ou une imprimante: "j'ai fait une affaire". En réalité, là aussi, l'entreprise va financer un prix bas à l'aide d'autres produits sur lesquels les bénéfices seront importants (ici: les jeux vidéos ou les consommables).



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4/ Le modèle du Coût marginal nul

 

C'est l'exemple de la musique en ligne (et dans une moinde mesure des livres électroniques). Avec les nouvelles technologies, le coût de la reproduction (produire des milliers de copies d'un CD, d'un livre ou d'un logiciel) et de la distribution (amener le produit chez le consommateur) est très faible. Le coût marginal est donc quasi-nul (le coût marginal désigne le coût de la dernière unité produite: autrement dit, reproduire et distribuer 10 000 ou 100 000 exemplaires ne coûte guère plus cher).
Cela va même jusqu'au point que certains préfèrent offrir que de faire payer. En offrant gratuitement, ils font connaître leurs oeuvres et se font connaître; d'autres offrent leur musique en ligne comme un moyen de commercialiser leurs concerts, leurs produits dérivés...

 

 5 / Le modèle "Echange de travail"


Vous pouvez obtenir gratuitement le bien ou le service à condition que vous participiez à un travail en améliorant le service ou en produisant des informations qui pourront être utiles ailleurs. J'échange de la gratuité contre ma force de travail en participant moi-même à la production de richesses.
Des exemples ? 
Yahoo Questions et Réponses: ce sont les internautes qui créent de la valeur collective, les services web 2.0 digg: chaque internaute est à la fois producteur d'informations (il rédige un scoop, un billet sur son blog...) et consommateur (les informations font l'objet d'un vote, celles qui sont le plus votées apparaissent en une voir par exemple ici).

On retrouve cela également dans d'autres domaines très différents. A côté de chez moi, une entreprise florissante: vous venez vous-mêmes cueillir vos fruits et légumes, donc vous participez à la production. Certes, ce n'est pas gratuit, mais le prix est plus faible qu'ailleurs (et la qualité nettement meilleure).
Dernier cas, chez les coiffeurs "low cost", vous participez à votre coupe de cheveux en vous lavant vous-même les cheveux, là encore, le prix est plus faible etc... Je suis certain que vous allez me donner d'autres exemples !

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6 / Le modèle du "don"


l'altruisme a toujours existé, pourquoi alors ne pas "en profiter" ?
Le web peut favoriser cette économie du partage, l'accumulation d'argent n'est pas la motivation unique de tous les individus.
Ainsi, Wikipédia, certains blogs (qui proposent des recettes de cuisine, de broderie, des trucs et astuces etc...) ne reposent pas sur l'économie marchande, l'appât du gain.

J'aurais sans doute l'occasion d'y revenir et d'approfondir un peu plus ces analyses.

Bon alors, je n'ai pas hésité une seule seconde pour choisir mon jingle. C'est du lourd, du masterpiece, du stevie wonder, ben oui, c'est free ^^ et c'est gratuit...

free music



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