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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 06:30

 

06-04-3.jpgEn seconde, nous avons terminé le thème de la liaison entre formation et emploi.

 

 

J'ai choisi de faire un billet pour aller un peu plus loin, notamment en réalisant des comparaisons statistiques entre différentes zones géographiques.

 

 

 

 


 

Quels liens peut-on faire entre niveau de formation de la main d'oeuvre, efficacité des travailleurs, et accès à l'emploi ?

 

 

 

Voici des graphiques montrant le niveau de qualification aux Etats-Unis, au Japon et dans la zone euro (tertiaire = enseignement supérieur)

 

 

Structure de la population active de 25 à 64 ans par niveau d'éducation (source: regards sur l'éducation 2010 OCDE)

etats unis pop qualifié

 

japon qualif

zone euro

France:                      30                             41                        29

 

 

On voit clairement des différences importantes:

- aux Etats-Unis et au Japon, environ 10 à 15 % des actifs de 25 à 64 ans ont un niveau faible niveau d'éducation contre 25 % dans la zone euro (soit presque 2 fois plus)

- à l'autre extrémité, Etats-Unis et Japon comptent environ 40 % de leurs actifs qui ont un niveau d'éducation supérieur contre 25 % dans la zone euro.

La qualification de la main d'oeuvre est donc plus faible dans la zone euro comparativement aux autres puissances.

 

 

Si on suit les raisonnements élaborés en cours de seconde, cela devrait avoir des conséquences sur la productivité du travail: une main d'oeuvre moins qualifiée devrait être moins efficace, toutes choses égales par ailleurs. Il s'agit maintenant de vérifier cela.

Voici les gains de productivité du travail de 1998 à 2011(en indice base 100 en 1998)

 

gains de produictivitézone euro: + 9 %    Japon: + 13 %  Etats-Unis: +25 %  

CQFD: les gains de productivité du travail sont beaucoup plus faibles lorsque le niveau de formation est faible. Quant on connait les effets des gains de productivité (relire ce billet ici)....

 

Bon, on a donc formation et productivité qui sont dans le même bateau, pour le moment ^^

 

Autre élément d'analyse: la corrélation entre niveau de formation et emploi. En cours, nous avons formulé l'hypothèse que si le niveau de formation progresse, la probabilité d'obtenir un emploi augmente également.

 

Vérifions cela: (cliquez sur l'image pour agrandir)


corrélation emploi et formation

 

On voit apparaitre une corrélation positive: dans tous les pays, les taux d'emplois augmente avec les niveaux de formation.


Cependant, les gains donnés par les diplômes ne sont pas équivalents selon les pays. Par exemple en Pologne, on voit clairement apparaitre l'écart de taux d'emploi selon les diplômes (pour ce pays, les gains procurés par les diplômes sont très forts), c'est moins évident pour l'islande ou la Corée.

 

 

Regardons la relation entre les plus diplômés (enseignement supérieur) et l'emploi: (cliquez sur l'image pour agrandir)

 

tx d'emploi et diplome

- certains pays ont beaucoup d'actifs très diplômés qui s'insèrent très bien sur le marché du travail (partie haute à droite du graphique: Danemark, Norvège, Suède, Suisse...)

 

- certains possèdent beaucoup d'actifs très diplômés mais leur taux d'emploi est comparativement plus faible (partie basse à droite du graphique): Etats-Unis, Japon, Corée...


- d'autres possèdent comparativement peu d'individus très diplômés, mais ils s'intégrent bien sur le marché du travail (Allemagne, Autriche...)

 

- enfin, il y a des pays qui possèdent d'individus très diplômés et ils s'intègrent difficilement dans l'emploi (Turquie, Italie....)

 

On peut en conclure qu'il n'y a pas, cette fois-çi, une corrélation évidente entre la part des diplômés et leur taux d'emploi.

Ce qui s'explique par le fait qu'il y a d'autres variables qui influencent l'emploi: la politique sociale, la structure des emplois...

 

Mince alors, c'est formation qui sort du bateau et rentre à la nage ? ^^

 

 

 

 

 

 

 


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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 06:11

interro 2Toujours curieux, j'ai voulu essayer de savoir quels types de questions pouvaient comporter les enquêtes PISA. Il est difficile de trouver une réponse sur le site de l'OCDE. J'ai quand même trouvé des éléments de réponse sur un test intitulé "lecture" pour PISA 2000. On peut les trouver sur ce lien

 

 

 


 

Je vais vous donner un exemple concret (dont le thème est lié aux S.E.S), sachant qu'il ne s'agit que d'une partie du questionnaire et qu'il est soumis à des jeunes de 15 ans. J'en fais un commentaire rapide.

 

 

Le diagramme en arbre ci-dessous présente la structure de la population active d’un pays, c’est-à-dire sa «population en âge de travailler».

En 1995, la population totale de ce pays était d’environ 3,4 millions d’habitants.
 La structure de la population active, au 31 mars 1995 (x 1 000)

 

question pisa 1

 


 

Question 1 :  Quels sont les deux groupes principaux entre lesquels se répartit la population en âge de travailler ?


A Les travailleurs et les chômeurs.
B Les personnes en âge de travailler et celles qui ne sont pas en âge de travailler.
C Les travailleurs à temps plein et les travailleurs à temps partiel.
D Les personnes sur le marché du travail et celles qui ne sont pas sur le marché du travail. 

 

La réponse est D

Objectif :

Compréhension globale ( identifier le principe organisateur essentiel d’une série d’informations)

 

Résultat:

52  % de réussite .

 

Commentaire:

Le taux de réussite est plutôt faible alors que la réponse parait facile.

Comment l'expliquer ?

 

2 hypothèses: - je le remarque souvent, les élèves n'adoptent pas une démarche méthodique: ils se précipitent sur les détails, ne cherchent pas à savoir comment le tableau a été construit: ils veulent trouver la réponse immédiatement. Je le vois pour les statistiques (ils vont passer des heures sur la rubrique "autre" qui ne concerne qu'une minorité extrême de cas) mais aussi pour les schémas (dont ils ne parviennent pas à repérer le début et la fin)

                         - Quelquefois, certains élèves croient que la question exige un degré de complexité élevé, ils ont donc tendance à être attirés vers des réponses dont ils ne comprennent pas vraiment le sens...mais qui leur paraissent suffisamment "savantes" à leurs yeux pour être valables (quand on leur demande d'expliquer leur réponse, ils n'y parviennent pas)

 


 

 

 

Question 2 : Combien de personnes en âge de travailler ne sont pas  sur le marché du travail ? (Écrivez le nombre de personnes, non le pourcentage).         

 

Réponse: 949 900

 

Objectif:

Développer une interprétation (intégrer deux éléments d’information fournis explicitement par le document.)

 

Résultat:

50 % de réussite.

 

Commentaire:

Ah là là: c'est un grand classique ! La question des unités. Ici, il fallait repérer 2 informations (949.9 + unité en milliers). Je ne suis pas surpris du résultat (1 élève sur 2 donne la bonne réponse). J'ai des élèves qui ne lisent pas les informations (ici, ils négligent l'unité), mais j'ai aussi des élèves qui ont repéré les 2 informations...mais qui ne parviennent pas à rédiger une réponse correcte ("M'sieur, ça se dit deux mille milliers ?").

Evidemment, ils ne connaissent pas les chiffres (dans notre matière) et n'ont pas d'ordre de grandeur en tête qui pourraient les amener à se corriger (un élève m'a écrit: "de 2002 à 2008, il y a eu 6 chômeurs en plus").

 

 

 


 

Question 3: A quelle catégorie du diagramme en arbre appartiennent les personnes suivantes, pour autant qu’il y ait une catégorie qui convienne. Indiquez votre réponse en faisant une croix dans la case appropriée.

 

question pisa 2

 

 

Objectif:

Réfléchir sur le contenu d’un texte : appliquer les critères fournis par un texte à d’autres cas de figure.

 

Taux de réussite:

37 %

 

Commentaire:

C'est le plus faible taux de réussite parmi les questions. Je donne moi-même souvent ce type d'exercices de classement avec cet objectif (s'approprier les critères de classement de l'économiste pour pouvoir classer des exemples). Le degré de réussite est variable:

- en début de séance, après avoir donné les critères, le taux de réussite est proche de 30 à 40 %. En effet, les élèves raisonnent "à l'instinct": ils classent rapidement les exemples et n'appliquent que très peu les modes de raisonnement.

- en fin de séance, après avoir fait de multiples erreurs et en reprenant avec eux les différentes étapes (quelles questions faut-il se poser pour que cet exemple soit classé ici ou là ?), en cherchant des cas difficiles à classer (par exemple: l'AJA est-elle une entreprise, une administration ou une association ?) le taux de bonne réponse dépasse les 80 %.

- lors de l'évaluation sommative (après quelques séances de cours), le taux de réussite reste élevé.

 

 

interro 1

 

 

 

Question 3 : Supposez que des informations sur la structure de la population active soient présentées chaque année dans un diagramme comme celui de cet exercice.

Le tableau ci-dessous présente quatre données figurant dans le diagramme. Peut-on s'attendre à ce que ces données changent d’une année à l’autre ? Répondez en entourant  « Changeront » ou « Ne changeront pas»   pour chacune des quatre données. La première réponse  a été entourée à votre place, à titre d’exemple.

 

 

question pisa 3

 

 

question pisa 4

 

Objectif :

Réfléchir sur le contenu d'un texte : comprendre le statut des divers éléments d’un diagramme.

 

 Résultat:

68 % de réussite

 

Commentaire:

Je n'ai jamais posé ce type de questions. Le taux de réussite élevé montre qu'elle ne pose pas vraiment problème. Les élèves ont repéré que seules données chiffrées allaient varier. Cela me laisse tout de même songeur sur le classement très moyen de la France dans ses tests. En effet, quand je vois les types de travaux que mes enfants réalisent en classe ou que moi-même je propose aux élèves...ils me paraissent plus complexes que ces tests. Mais, cette enquête s'adresse aux jeunes de 15 ans: tous ne sont pas (ou plus) au lycée d'enseignement général (nous ne recevons que 60 % des élèves de collège)...

 

 

 

 

Question 4 : L’information sur la population active est présentée sous forme de diagramme en arbre, mais elle aurait pu être présentée de bien d’autres manières, par exemple une description écrite, un diagramme en «camembert»,  un graphique ou un tableau.
Le diagramme en arbre a vraisemblablement été choisi parce qu’il est particulièrement utile pour présenter :
 

 

A l’évolution dans le temps.
B la taille de la population totale du pays.
C les catégories au sein de chaque groupe.
D la taille de chacun des groupes.

 

Objectif :

Réfléchir sur la forme d’un texte  (identifier les avantages d’un mode de présentation particulier pour atteindre un objectif ou par rapport à un contenu)

 

Résultat:

67 % de réussite

 

Commentaire:

C'est une question importante sur le choix d'une représentation graphique. J'essaye de plus en plus d'inclure des questions demandant aux élèves de réaliser un choix et de le justifier. Cette année encore, en TPE (travaux personnel encadré), je demande à un groupe de m'expliquer pourquoi ils avaient choisi d'inclure cette image dans leur dossier. Leur justification était, comme souvent, artificielle: notre sujet est sur....donc a mis cette image qui parle de cela...J'aime bien la formulation de l'objectif de la question: les avantages d'un type de présentation pour atteindre un objectif ou par rapport à un contenu. Ce sont justement ces aspects qui posent problème.

 

 

interro 3

 

 

 

 

conclusion:

 

Même si ce test date de 2000, il nous dévoile un peu mieux ce qui est évalué (pour aller vite: des savoir-faire plus que des savoirs).

Il est évident que, si j'avais dû concevoir ces questions, j'aurais mis le niveau d'exigence plus haut et rajouté des savoirs.

Or, un certain nombre d'élève ont déjà des difficultés avec ces questions. J'en ai déjà parlé avec les élèves de seconde dans un précédent billet (où je me suis aperçu qu'en ne donnant plus de questions de cours et en leur fournissant le cahier, ils ne réussissaient pas faute de compréhension et de mode de raisonnement).

Instructif donc , non ?

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 12:34

Les premiers résultats de l'enquête PISA 2009 sont parus hier (mardi 7 décembre).

Sur le site de l'OCDE, le rapport est en anglais (pour le moment). C'est dommage car j'aime bien consulter les données de ces comparaisons internationales.

En attendant,  j'ai tiré du site du ministère de l'éducation nationale deux graphiques

 

pisa 1

 

 

 

pisa 2

 

Comme vous pouvez le voir, les inégalités se creusent depuis dix ans:


- la part des élèves en grande difficulté a presque doublé (graphique 1)

 

- le poids de l'origine sociale dans la réussite scolaire, déjà élevé, continue d'augmenter

 

J'avais déjà réalisé un billet sur PISA 2006 avec des graphiques encore plus éloquents: performance scolaire et équité scolaire: qui dit mieux ?

 

Denis Colombi (un collègue de SES)  apporte, avec rigueur et clarté (comme toujours^^), un éclairage sociologique sur les commentaires en termes d'"ascenseur social": lire son billet ici

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 14:40

ent__te1.gifComme je constate que beaucoup trop de personnes n'utilisent pas les données chiffrées, j'ai choisi de consacrer ce billet à des vidéos qui nous aident à mieux comprendre le monde dans lesquel nous vivons (rien que cela ^^).

 

 

 

 

 

 


La première prend comme point de départ de réduire notre planète à 100 habitants.  Et voilà ce que nous apprenons... (même si en anglais, vous pouvez facilement comprendre elle dure un peu plus de 3minutes)


 

 

La deuxième fait le pari de résumer le développement de 200 pays en 200 ans en 4mn !! Vous ne me croyez pas ?  Regardez, vous serez scotché !

 

 

 

Alors... (comme je dis trop souvent) : Respect total ^^

 

 

mots-cl-s-sos-ses-3.png

 

 

Pour aller plus loin:


- vous pouvez relire le billet de SOS...SES à Hans Rosling: "Ce qui est impossible est possible" !

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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 10:18

sourisgotlib.gifLe web me permet de garder contact avec les anciens élèves. Cela fait donc deux fois que ces anciens élèves viennent parler aux lycéens sur un sujet d'une importance cruciale:" y-a-t-il une vie après le lycée ? Si oui, quelle est-elle ^^

 

 

 

 

L'année dernière un élève de classe préparatoire et vendredi dernier trois élèves d'IUT ont échangé durant une heure avec mes classes de première et terminale. J'en ai tiré plusieurs enseignements :

 

 


1 / Que leur reste-t-il de leurs cours au lycée ?


C'est moins le contenu des cours que les méthodes. En effet, même si tous ont dit que le fait d'avoir retenu certains éléments de cours est utile, c'est surtout la façon de travailler qui importe: comment faire une synthèse, retenir un cours, analyser des documents, prendre en compte l'actualité, organiser ses idées. Ce sont des compétences qu'ils ont réinvesties immédiatement. C'est le cas notamment dans les nouvelles matières pour lesquelles ils ont du retard puisqu'en lycée elles ne sont pas enseignées en série Economique et Sociale (je pense au droit et à la gestion-comptabilité).


Pour le contenu des cours de SES, deux parties sont revus dans l'enseignement supérieur: le cours de première sur les mécanismes de marché et des aspects importants de l'enseignement de spécialité en terminale.

Beaucoup d'"anciens" ont indiqué que les TPE du lycée ressemblent à ce qu'ils peuvent faire (travail sur un projet, en équipe et en autonomie à l'aide d'enseignants qui leur permettent de faire le point et de progresser).


Mis à part l'élève qui réalise une classe préparatoire, les autres formations (IUT ou université d'économie-gestion), l'évaluation dans le supérieur ne porte que très rarement sur des dissertations. En effet, ils sont le plus souvent évalués à partir d'exercices et de synthèse.

 

 

06-04-3.jpg

 

 

 

 

2 / Comment vivent-ils les cours et les relations avec les enseignants et leurs camarades ?

 


Alors là, c'est un "coup de bambou" pour le lycée ! Tous ont dit, je cite: "on peut discuter avec les profs et échanger sur des tas de sujets, on est beaucoup plus proches d'eux..." Je leur ai demandé s'il fallait en déduire que ce n'était pas le cas au lycée ! Un peu gênés, ils ont répondu : " disons que ce n'est pas vrai pour tous les profs de lycée " ^^

Bon évidemment, je sais qu'il faut nuancer (ils sont au début de leurs études supérieures et sont un peu "émerveillés", tous les enseignants du supérieur et des lycées ne correspondent pas à ce type-idéal...). Mais cela m'a tout de même interpellé. Nous avons sûrement des progrès à faire dans ce domaine.

 

De même, tous ont insisté sur le travail en équipe (même en classe prépa) alors qu'au lycée, ils avaient plutôt l'impression d'un travail individuel avec un aspect compétitif ou non collaboratif (on dénigre le camarade qui parle à l'oral...).

 

 

26150009-3.jpg

 

 

 

3 / Quel a été leur parcours d'orientation pour aboutir à ce choix d'études ?

 

 

Ils ont tous montré la diversité de leurs parcours et de leurs centres d'intérêts: certains au départ voulait faire du droit (sans trop savoir pourquoi), d'autres penchaient pour des activités artistiques, certains avaient même une idée très précise de métier... Puis, au fur et à mesure du temps, ces choix initiaux se sont modifiés au fil des rencontres et des échanges (avec les enseignants, avec des étudiants ou des professionnels).

Un point m'a frappé : ils nous ont dit qu'en début d'année, on leur a demandé de justifier leur présence dans cette filière. 80 % n'ont pas su donner de raisons précises (si ce n'est les banalités d'usage). Ils se sont rendus compte que le travail réalisé en première et en terminale avec la conseillère d'orientation et des enseignants du lycée a porté ses fruits: leur choix était plus raisonné et plus réfléchi que ceux de leurs camarades.

 

boussole.jpg

 

 

Là aussi, cela m'interpelle: je me demande si le lycée n'est pas un peu encore "à côté" (du fait de son statut: c'est la dernière étape des études secondaires)

 


Inutile de vous dire que la qualité d'écoute des lycéens était très bonne lors de ces échanges...

 

 



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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 07:26
Voici un article du Journal Le Monde

Les sciences sociales au lycée,
un enjeu démocratique


LE MONDE , 1er décembre 2009









La réforme en préparation devrait constituer une réelle opportunité d'interroger la place particulière occupée par le lycée dans le cursus scolaire des élèves français. Echelon intermédiaire entre le collège et l'enseignement supérieur, il convient de réfléchir sur les caractéristiques qui lui sont propres. Parmi celles-ci, la découverte par les lycéens de nouveaux champs de savoir, d'une nouvelle intelligibilité du monde qui les entoure, devrait constituer une de ses fonctions particulières. En complément des apports des disciplines scientifiques et littéraires que les élèves ont eu l'occasion d'approcher dès le collège, le lycée devrait privilégier, entre autres, la découverte de l'apport spécifique des sciences économiques et sociales (SES).

La crise économique a démontré avec une rare acuité la nécessité de fournir aux lycéens, citoyens en devenir, les moyens d'appréhender les questions économiques, sociales, politiques et écologiques qui traversent nos démocraties. Mais cette acquisition d'une culture économique et sociale ne saurait se limiter à la simple "exploration" de quelques notions économiques, comme le laisse penser le discours du ministre de l'éducation nationale. C'est bien de l'apport de l'ensemble des sciences sociales dont il est question.

La connaissance des apports de la science économique est essentielle pour appréhender de nombreux phénomènes du monde contemporain, tels que les mécanismes boursiers, le fonctionnement de l'entreprise ou d'un marché, ou encore la croissance économique. Mais la sociologie et la science politique développent des regards propres sur le monde et elles ont aussi à nous apprendre sur les sociétés humaines. Ouvrir l'esprit des lycéens à l'ensemble de ces approches est donc essentiel si on veut leur donner les clés pour comprendre la société dans laquelle ils vivent.

Le concert unanime d'hommages qui ont été rendus à l'occasion du décès de Claude Lévi-Strauss rappelait fort à propos l'apport de la démarche anthropologique dans notre rapport à l'autre et donc à nous-mêmes. Les sciences sociales permettent cette réflexivité en nous donnant les moyens de mettre à distance l'expérience personnelle, de développer le "regard éloigné" des élèves. Cette finalité devrait être renforcée dans le lycée du XXIe siècle.

La démarche de l'enseignement de sciences économiques et sociales amène les élèves à développer une posture intellectuelle en mobilisant les connaissances produites par les sciences sociales. Il est présent actuellement sous la forme d'une option de détermination de deux heures et demie par semaine en classe de seconde, et permet l'étude, entre autres, de l'entreprise, la famille, la consommation, l'emploi, les pratiques culturelles, le financement de l'économie ou le rôle du travail, de l'école et des associations dans l'intégration sociale.

Ce constat appelle une évidence : si la culture scientifique et la culture des humanités sont bien indispensables aux lycéens de demain, ce qu'on appelle la "troisième culture", portée par les sciences sociales, l'est au moins tout autant, aussi bien dans la perspective de la préparation des élèves à l'orientation dans l'enseignement supérieur que dans une optique de culture générale. Or, dans la nouvelle architecture du lycée, cet enseignement reste non seulement optionnel, mais de plus il voit son horaire se réduire de moitié. Cela pose un double problème.

En premier lieu, comment peut-on sérieusement faire découvrir les spécificités scientifiques d'une discipline jusqu'alors jamais enseignée avec un horaire aussi réduit ? A raison de 90 minutes par semaine, l'exploration n'ira pas bien loin ! En outre, demander à un jeune de 15 ans de choisir entre les SES et un enseignement d'"économie appliquée et gestion" est un compromis boiteux.

En second lieu, il sera encore possible à un élève de s'orienter en série économique et social (ES) sans jamais avoir suivi un enseignement de SES, discipline majeure de cette série. Imagine-t-on un élève suivre une première scientifique (S) sans jamais avoir fait de physique, ou suivre une première littéraire sans jamais avoir fait de lettres ? C'est inconcevable, et la réforme actuellement initiée est l'occasion idéale de mettre fin à cette anomalie du système éducatif. Pour l'instant, elle déstabilise un enseignement et une voie de formation qui ont démontré leur utilité. A cet égard la suppression de l'option science politique en première s'avère être un signe supplémentaire de l'appauvrissement de l'enseignement des sciences sociales au lycée.

Dans nos sociétés avancées, les questions économiques et sociales sont omniprésentes : médias, discussions familiales, cadre professionnel... Les sciences sociales constituent un continent de disciplines scientifiques matures qui produisent des outils intellectuels féconds pour appréhender ces questions complexes qui ne peuvent rester l'apanage d'une minorité.

Le système scolaire français ne peut rester étranger à cette exigence démocratique. Il est du devoir de l'école de permettre à sa jeunesse d'accéder aux savoirs solides que les sciences sociales mettent à jour. Ainsi, un lycéen de 18 ans devrait être en mesure de comprendre les principales informations de nos quotidiens nationaux. Il s'agit de donner au moins une fois au cours des sept années que les élèves passent au collège et au lycée un enseignement obligatoire de sciences sociales.

C'est pourquoi nous demandons à Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, de revoir son projet de réforme en permettant à la culture économique et sociale d'être traitée, au lycée, sur un pied d'égalité avec la culture scientifique et la culture littéraire. Un enseignement de SES doit notamment être dispensé à tous les élèves en classe de seconde avec un horaire décent et des conditions d'apprentissage permettant une réelle initiation aux méthodes des sciences sociales.

 


Christian Baudelot, professeur de sociologie à l'Ecole normale supérieure ;
Daniel Cohen, professeur de sciences économiques à l'Ecole normale supérieure ;
Sylvain David, président de l'Association des professeurs de sciences économiques et sociales ;
Nonna Mayer, présidente de l'Association française de science politique ;
Philippe Meirieu, professeur en sciences de l'éducation à l'université Lumière-Lyon-II ;
Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France.

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25 novembre 2009 3 25 /11 /novembre /2009 07:46
Bon, alors, si je n'arrive plus à écrire régulièrement des billets sur mon blog, c'est en raison d'un emploi du temps très serré.

Mais vous ne devinerez jamais pour quelles raisons !

Ce billet va me donner l'occasion de me décentrer de ma position d'enseignant pour occuper un temps celle du parent d'élève.







J'ai trois enfants qui sont scolarisés (en troisième, cinquième et CE2)

Figurez-vous que je fais moi aussi  une double journée de travail ^^ (toute proportion gardée évidemment).

Voici, à titre d'exemple, ce que j'ai dû entreprendre pour aider mes enfants (sans compter ce que ma femme fait aussi évidemment):

- mon petit dernier est en train d'étudier la préhistoire, il adore cela, mais c'est vrai que les noms sont parfois difficiles à retenir, il a du mal à "visualiser" les progrès que les hommes préhistoriques ont réalisés.
L'évolution de l'espèce humaine est, pour moi, un des moments clés de notre Histoire. J'avais déjà utilisé avec son frère et sa soeur la série "Il était une fois l'Homme" (que je regardais quand j'étais petit ^^). Cela permettait de réviser en s'amusant.
Cet été, nous sommes allés visiter les grottes de Lascaux (voir le site somptueux ici). Une grande claque ! 
Aujourd'hui, j'ai donc regardé (pour la dixième fois) avec lui "L'odyssée de l'espèce". Un documentaire remarquable sur le fond (de nombreuses questions existentielles sont abordées) et la forme (on raconte une histoire).
A chaque épisode, il commentait en me disant ce qu''il avait vu en cours ou en me posant des questions diverses.




- mon fils cadet avait un travail de recherche sur Vermeer. Puis il devait  réaliser un dessin à partir d'une oeuvre de ce peintre (qui n'est pas connu pour être simple à réaliser étant donné les jeux de lumière).
Evidemment, il choisi un tableau du pein
tre (celui-ci) et essaye de le reproduire.
Après plusieurs essais infructueux sur la position du buste, puis sur le dessin des yeux, du nez et de la bouche, c'est papa qui prend alors les choses en main, le fiston réalisera la mise en couleur.





- ma fille aînée avait elle aussi un dessin à réaliser en perspective oblique (avec 2 points de fuite): une grue de chantier avec un projet architectural inspiré des bâtiments de son collège !!!
Je n'ai jamais été excellent en géométrie et le dessin industriel n'est pas mon point fort (même si je suis admiratif devant les travaux d'architecte ou d'ingénieurs). Ma fille avait réalisé la grue (avec l'aide de son enseignante), il fallait faire le reste (le projet architectural en perspective oblique).




Et je ne vous parle pas des autres matières et du travail de révisions , ce serait trop long ^^

Essayons d'élaborer quelques éléments de réflexion :



- en tant qu'enseignant, la question du travail à la maison est un vrai enjeu de réflexion.

Ne pas en donner, c'est faire croire à l'élève qu'il n'y a rien à faire, c'est aussi un signal (plutôt négatif) adressé aux parents.

En donner, c'est prendre le risque de créer des inégalités entre élèves (tous n'ont pas des parents qui ont du temps et des moyens pour aider leurs enfants), c'est aussi prendre le risque du "copier-coller" (entre élèves, entre l'élève et les ressources du web). La frontière est étroite.

Personnellement, j'essaye de donner des exercices d'applications ou de préparation du cours : l'essentiel doit se faire en classe. Parfois, un travail plus long est demandé, mais c'est rare.

Mes options ont évidemment des limites: il faut "boucler le programme", les élèves n'ont pas vraiment l'habitude de travailler en classe (difficultés de concentration), les rythmes de travail sont hétérogènes (certains sont très lents etc...).

Les avantages ne sont pas négligeables: j'observe les réponses écrites des élèves, pointe leurs faiblesses (à quel moment leur raisonnement manque-t-il de rigueur ?), et essaye de leur donner un conseil pour qu'ils améliorent leurs réponses.




- en tant qu'enseignant les sciences économiques et sociales, je dispose d'outils qui me permettent d'analyser le travail à la maison.

En économie, il s'agit d'une externalisation du travail scolaire. Une entreprise externalise une partie de ses activités lorsqu'elle confie à d'autres entreprises le soin de réaliser ses activités (cela correspond à de la sous-traitance par exemple).
Ici, le travail scolaire est externalisé puisqu'il se réalise à l'extérieur de la classe et qu'il peut être réalisé par d'autres acteurs que l'enseignant (les parents, les frères/soeurs, les cours privés, le web....).

D'ailleurs Adam Smith nous a démontré qu'en divisant le travail, on parvient à obtenir des gains de productivité :les élèves peuvent nous sortir un exposé écrit en quelques minutes grâce au web, les enfants se reposent sur les parents qui pourront toujours réexpliquer ou faire les travaux: c'est un gain de temps évident ^^

En sociologie, cela pose le problème du rôle des parents dans la réussite scolaire et de la transmission du capital culturel.
On pourra relire cet article qui montre que l'école Française, à ce sujet, a bien des progrès à faire. C. Baudelot a approfondi le sujet dans son dernier ouvrage sur "l'élitisme républicain" (voir cet article avec vidéo).



- en tant qu'internaute, je pense qu'on n'est pas encore rentré dans l'ère numérique (et je parle également de mon cas).

Les technologies permettent de compléter les outils traditionnels (feuilles polycopiés, manuels....). Soit pour faire découvrir (cf le site sur les grottes de Lascaux ou le DVD sur l'odyssée de l'espèce), soit pour mettre en activité les élèves par exemple avec des logiciels de Dessin Assisté par Ordinateur, des palettes numériques etc...




Je ne fais que m'interroger sur mes propres pratiques de parent-enseignant-internaute...

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11 novembre 2009 3 11 /11 /novembre /2009 10:34
En ce moment, les catalogues de jouets arrivent dans les boites aux lettres. Mes enfants, comme les autres, réclament des jeux vidéo. C'est une période cruciale pour l'industrie des jeux vidéos car les trois derniers mois de l'année représentent 60 % des ventes annuelles.

Le 16 novembre, Shigeru Miyamoto (celui qu'on appelle le Spielberg des jeux vidéo) aura 57 ans.

Le 20 novembre, beaucoup vont se précipiter sur New SuperMariosBros Wii (la dernière aventure du plombier moustachu)





J'ai lu un article dans le Nouvel Observateur  de cette semaine: "Miyamoto, maître du jeu" qui me servira de base pour ce billet.

A travers le succès de l'entreprise nintendo et de Miyamoto, on peut déceler quelques perspectives sur l'évolution de nos sociétés.

D'abord,  quelques chiffres (^^) pour avoir une idée de l'ampleur du succès:

- les consoles de jeux: la DS a battu tous les records de vente depuis sa sortie en 2004 soit 135 millions dans le monde (7.7 millions en France).

- les jeux: voici le top 6 des jeux les plus vendus en France depuis le 1 er janvier 2009:

                 1 - Wii Fit (490 000 exemplaires) 
                                         (Nintendo Wii)
                 2 - Wii Sports Resort (390 000 exemplaires)  
                                          (Nintendo Wii)
                 3 - MarioKart Wii (375 000 exemplaires)           
                                          (Nintendo Wii)
                 4 - Prof. Layton et l'Etrange village (305 000exemplaires)
                                          (Nintendo DS)          
                 5 - Pokémon Platine (290 000 exemplaires)
                                           (Nintendo DS)
                 6 - Fifa 2010 (187 000 exemplaires)
                                           (Sony PS3)

Ces chiffres sont particulièrement révélateurs des changements à l'oeuvre dans l'industrie des jeux vidéos depuis quelques années: longtemps réservés aux "gamers" (pour simplifier, les jeunes - surtout les garçons- qui exigent des jeux de plus en plus spectaculaires et complexes), les jeux vidéos ont considérablement élargi leur clientèle: les femmes, les seniors.
En effet, les exercices pour le cerveau du Pr Kawashima ("Quel âge a votre cerveau ?" sur Nintendo DS) ont été vendus à 1.8 millions d'exemplaires en France.
La Wii fit (Nintendo Wii),numéro 1 des ventes, est une sorte de balance qui permet de faire du yoga, du ski, de la gym, de mesurer sa progression. Cette console a donc fait son entrée dans les maisons de retraite !
Bien plus, dans l'article du Nouvel Observateur, on apprend que

"La console (la Wii) est exploitée de façon variée et intelligente par les éditeurs de jeux: elle sert également à la rééducation, alors que sa pénétration dans les hôpitaux n'était pas du tout prévue (...) L'important n'est pas sa puissance, mais ce qu'elle permet de faire. Quand vous fabriquez des appareils électroménagers, ou même des ordinateurs, vous tâchez de faciliter la vie des gens. C'est ce que je fais, moi aussi" Shigeru Myamoto




Quelle était la stratégie de Shigeru Miyamoto ?

Son objectif était de créer une console qui puisse être achetée par tous, c'est-à-dire les "gamers" mais également les autres, ceux qui étaient très éloignés de l'univers des jeux vidéos.

Dans l'article du Nouvel Observateur, on apprend que ce dont Shigeru Miyamoto est le plus fier dans la vie:

" Avoir réussi à jouer avec ma mère ! On a fait une partie de tennis, sur la Wii"

Comment atteindre cet objectif ?
Il me semble que trois pistes ont été lançées:

1 / trouver des thèmes liés aux préoccupations de ces nouvelles cibles: la santé, les soins du corps, les animaux domestiques, la cuisine etc...
On est loin des thématiques traditionnelles liés aux "gamers": bastons, courses de voitures ou football.

2 / adapter la façon de jouer en simplifiant les manipulations nécessaires au jeux.
En effet, les "gamers" avaient acquis une dextérité extraordinaire :il n'y a qu'à voir les combinaisons possibles de touches et le degré de rapidité dont ils font preuve sur les jeux de baston.
Les autres se sentaient immédiatement exclus de cet univers (faites l'expérience de faire jouer un adulte de plus de 40 ans face à un jeune, l'adulte ne va pas poursuivre longtemps la partie de jeux ^^). Avec les nouveaux jeux, tous les petits boutons qui font peur aux non-initiés sont remplacés par une simple manette.

3 / La conséquence des deux premières pistes: on peut mettre en place de véritables jeux familiaux.
Chaque membre de la famille peut s'installer devant la console et jouer. La nouveauté dans le dernier SuperMarioBros: outre le fait que l'on peut constituer des équipes de deux, il y a un guide caché dans le jeu qui dévoile les pièges aux débutants.

On peut alors essayer de faire une analyse un peu plus sociologique.

Margaret  Mead distingue trois types de transmission de la culture:

" postfigurative, dans laquelle les enfants sont instruits avant tout par leurs parents; cofigurative, dans laquelle les enfants comme les adultes apprennent de leurs pairs; et préfigurative, dans laquelle les adultes tirent aussi des leçons de leurs enfants. Les sociétés primitives et les petites enclaves religieuses ou idéologiques sont essentiellement postfiguratives car elles font dériver l'autorité du passé. Les grandes civilisations, qui ont nécessairement développé des techniques pour assimiler l'innovation, ont pour caractéristiques d'utiliser quelque forme d'éducation cofigurative entre pairs; compagnons de jeu, d'études et d'apprentissage. A l'heure actuelle, nous abordons une période historique sans précédent, où les jeunes acceptent une autorité nouvelle, celle d'une appréhension préfigurative d'un futur encore inconnu"
Source: M. Mead, Culture and commitment, the new relationships between the generation in the 1970's, trad. française Le fossé des générations, Denoel-Gonthier, 1971-1979 pp30-31



                         Margaret Mead


La première façon de transmettre la culture (postfigurative) existe toujours: elle repose sur une dimension verticale (de haut en bas), il s'agit de la transmission traditionnelle entre parents / enfants ou même enseignants / élèves.
Elle s'explique par l'inégalité des situations entre l'adulte et le jeune. Elle a connu une crise majeure en 1968, mais elle n'a pas disparu.
En ce qui concerne les jeux vidéos, elle ne fonctionnait pas puisque les adultes, étant étrangers à cet univers, ne pouvaient pas transmettre à leurs enfants (rupture générationnelle).

La deuxième forme (cofigurative) est en plein essor: la culture est transmise par le groupe des pairs (dimension horizontale).
Les blogs, les forums en sont une très bonne illustration.
Pour les jeux vidéos, cela consiste à devenir un adepte de tel ou tel type de jeu et de trouver des partenaires pour progresser.
Shigeru Myyamoto a permis d'élargir le public des jeux vidéos, en segmentant les cibles: les jeux pour enfants / gamers / femmes / seniors...mais ces publics cohabitaient sans pour autant jouer ensemble.

Enfin la troisième forme (préfigurative) est nouvelle dans les jeux vidéos: en effet, pour certains jeux, la rupture générationnelle précédente s'efface un temps puisqu'on permet la collaboration entre les "initiés" et les "non-initiés"
. On peut dès lors avoir un fils qui prend en charge son père dans le jeu pour faire progresser l'équipe !!

Il ne s'agit pas de dire qu'une forme de transmission remplace une autre (selon un schéma évolutionniste), mais que les trois modes de transmission deviennent possibles, ce sont les individus qui vont choisir et fixer le cadre.





Pour prolonger:

- Question d'acculturation
- l'éducation des enfants 1920 - 1990
- l' histoire de Shigeru Myamoto


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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 09:49


Après plus de 400 articles écrits sur le blog durant (presque trois années), alors que de nombreux blogs s'arrêtent ou se mettent en pause, je me pose toujours des questions sur l'intérêt du blog.








1. Quels types de sujets choisir ?
2. Des articles longs ou courts ?
3. Que reste-t-il au final, après la lecture des articles ?

Je vais tenter d'esquisser des éléments de réponse personnelle à ces trois questions.
A vous lecteurs, lectrices de me faire part de vos réflexions ...

1. Quels sujets choisir ?

Je m'aperçois que j'ai tendance à privilégier les sujets qui renvoient au programme de Terminale (c'est l'un des lectorats les plus importants du blog voir le sondage) et à l'éducation en général (ce qui explique que quelques collègues font partie des lecteurs).
Peu de sujet sur l'actualité (le G20, le salaire des patrons...),et sur la classe de seconde et première...
Il faut dire que l'inspiration est vraiment capricieuse, elle dépend d'un article ou d'une recherche web...
Il n'y a donc pas une volonté consciente de cibler un type de sujet.
Cela donne-t-il le sentiment qu'il n'y a pas de ligne éditoriale ?



2. Des articles longs ou courts ?

La lecture sur le web a des spécificités: certains disent qu'il vaut mieux des articles courts (voir cet article), avec des paragraphes ciblés et des listes à puces...
L'article court a évidemment des avantages: vite écrit, il se doit d'aller à l'essentiel, il permet une publication régulière. Mais il est souvent trop réducteur et frustrant.
Les articles plus denses permettent d'ajouter des contenus et des liens, ils me conviennent plus (- je suis très bavard-). Mais ils prennent beaucoup de temps, peu de commentaires (le lecteur a-t-il le sentiment que "tout est dit" ?).
Là encore, je n'ai pas tranché: il y a alternance d'articles courts / longs, avec un apport personnel important / un simple renvoi à des vidéos ou d'autres liens...
Evidemment, les contraintes de temps déterminent beaucoup le rythme / qualité des articles.



3. Que reste-t-il au final après la lecture des articles ?

Je sais, cette question démontre un orgueil au-delà du raisonnable (pour qui se prend-t-il ?). Mais bon, à partir du moment où j'ai pris la décision de faire un blog, j'assume ^^
Personnellement, je trouve que le fait de produire "quelque chose" m'enrichit: en effet, dans notre métier, la part de création personnelle se trouve essentiellement dans l'élaboration des séquences de cours.
Or, ici, avec cet objet virtuel qu'est le blog, j'ai le sentiment (égocentrique) de remplir l'une des fonctions du travail telle que la décrit Serge Paugam à savoir l'homo faber (voir cet article).

En effet, le blog me permet:
- d'utiliser le potentiel du web qui abonde de ressources passionnantes
- de choisir librement des sujets que le programme officiel ne permet pas d'aborder (et croyez-moi c'est vraiment appréciable car, pour des raisons pratiques, je suis en permanence frustré lors de la création de séquences de cours car je dois faire des coupes pour pouvoir terminer le programme)
- d'avoir acquis des connaissances en économie et en sociologie depuis que je fréquente assidument un certain nombre de sites.

Mais vous, lecteurs, que vous reste-t-il ?

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 07:31
Après une longue absence (pour cause de travail...et de vacances), nouvelle mise en page et nouveau billet d'actualité... Et hop, c'est reparti

Hier, beaucoup de commentaires sur l'ouverture aujourd'hui d'un site qui propose la correction des devoirs contre rémunération.





On peut faire quelques remarques:

- il s'agit de la production (à distance) d'un service à la personne. C'est un secteur en croissance (y compris aujourd'hui en pleine crise, ces sociétés recrutent massivement).
D'ailleurs, la société qui héberge le site  propose d'autres services à domicile plus classique (voir son site ici).
On retrouve une tendance forte des économies actuelles: le mouvement de tertiarisation.

- Quelle est la logique économique à l'oeuvre ? Quels sont les coûts ? Quel prix fixer ?
La société ne va pas donner son business model (d'ailleurs, ce jeudi matin on ne connait  pas tous les tarifs proposés).
Essayons de raisonner comme l'entrepreneur (qui, je le rappelle, a fait des études commerciales relativement poussées ^^)

D'abord, je dois rationnaliser les coûts: pour cela, l'idéal est d'employer une main d'oeuvre peu exigeante en matière de rémunération mais efficace pour produire le service. On peut donc s'attendre à ce que ce soit un public d'étudiants qui constitue la main d'oeuvre de cette entreprise (sur le site facebook de l'entreprise, beaucoup d'étudiants proposent déjà leur service ).
En effet, je ne vois pas des enseignants comme moi être intéressé par ce type d'emploi pour 2 raisons au moins: la rémunération est trop faible, elle devrait être de l'ordre de 10 euros de l'heure (tout le monde sait que les cours particuliers sont facturés à un prix supérieur, et de loin).
En plus, il s'agit de corriger des copies, ce qui n'est pas le travail le plus plaisant à faire.



Ceci dit, certains collègues vont faire jouer l'effet-revenu: même si la rémunération est faible, ce qui compte, c'est augmenter mes ressources monétaires. Ils seront minoritaires.
En plus, au niveau des statuts, il s'agira d'emploi à forte flexibilité
(on retrouve là encore des tendances longues même si la grande majorité des emplois actuels sont en CDI).

Parmi les autres coûts, on peut inclure des coûts de gestion (notamment du site internet), mais ce coût fixe sera vite amorti avec le nombre de personnes utilisant le service. L'essentiel repose donc sur les coûts variables (comme souvent dans l'économie de services, contrairement à l'industrie où les coûts fixes sont très élevés).

Deuxième question: Quel prix fixer ? Il va falloir tenir compte de plusieurs facteurs pour attirer la demande...

- beaucoup d'élèves utilisent déjà le web pour faire leur devoir et ce, de façon gratuite: ils font du copier-coller, ils partagent sur les forums leurs réponses. Pourquoi payer ?
La seule réponse rationnelle à cette question est la garantie d'avoir une bonne note. Mais si ce n'est pas le cas, imagine-t-on un remboursement ou un crédit pour d'autres devoirs ? A voir...
 
- il va falloir proposer une gamme de prix pour toucher un large public.
La société donne un prix d'appel: un exercice de maths de base (comportant de 1 à 3 questions) sera ainsi facturé 5 euros.
Il existe des produits "haut de gamme" à 80 euros: un powerpoint avec le discours qui l'accompagne. On peut imaginer des élèves / parents qui sont prêts à payer ce prix pour espérer avoir une très bonne note dans une matière à fort coefficient (utile pour avoir une entrée en classe préparatoire
par exemple)
ou même pour une épreuve du bac (les TPE ).



Il y a aura donc trois types de demandes potentielles pour ce service:

1 / faire faire un devoir dans une matière pour laquelle on n'arrive pas à remonter les résultats .
Ce sera le cas d'un élève en difficulté avec un milieu familial misant sur l'école comme instrument de réussite sociale et étant prêt à tout sacrifier pour obtenir des résultats.

2 / faire corriger un travail dans une matière décisive pour la réussite future.
Ici, c'est le cas d'un élève moyen mais ambitieux avec un milieu familial disposant d'un capital économique mais peu de capital social (ne lui permettant pas de trouver des cours particuliers)

3 / payer un service pour un devoir long, fastidieux, pénible
.
Comme pour les services à la personne concernant les adultes, on préfère payer plutôt que faire soi-même ce qu'on n'aime pas faire: le repassage, le ménage...
Ici, c'est le cas d'un élève qui veut avoir la paix à la maison, et qui dispose d'un argent de poche conséquent.

- autre élément à prendre en compte: le consommateur peut bénéficier d'allègements fiscaux (certaines entreprises utilisent cet argument: "le service coûte 30 euros, mais 50 % vous donne droit à des réductions d'impôts, ce qui ne vous coutera donc que 15 euros", l'Etat encourage ce secteur qui est créateur d'emplois, d'où ces incitations fiscales)


- Quelles conclusions ?

Les réactions hostiles ont été très fortes, même le ministre est intervenu sur le sujet.
Le principal argument ? Ce n'est pas moral: on incite les élèves à payer pour faire leur devoir, cela va accentuer les inégalités.
Il est incontestable que le risque est réel (même si les partisans du site présentent ce service comme une aide pour ceux qui n'ont pas la chance d'avoir des professeurs particuliers).


Après l'affaire note2be (voir ce billet ici), un autre service pose problème à l'éducation nationale.
Les cas sont différents, ils posent le problème de l'évaluation: quel type de devoirs proposons-nous aux élèves ? quelle place prennent les notes dans le système scolaire ?

Si le site a du succès, deux interprétations sont possibles: d'une part, on peut y voir une défiance vis-à-vis de l'enseignement: trop de devoirs, trop de travaux inintéressants dont on préfère se "débarasser" en payant.

D'autre part, trop de pression sur les résultats, les notes incite à payer un service extérieur à l'éducation nationale pour pouvoir réussir (dans ce cas, contrairement au précédent, il n'y a pas défiance)

Voilà qui devrait donc à nouveau nous interroger sur le sens de nos pratiques d'enseignement.



Qu'en pensez-vous ?

PS: je viens d'apprendre que le site a définitivement fermé. Je cite sa page d'accueil:
"Nous tenons à vous présenter toutes nos excuses dans la mesure où nous réalisons à ce jour, à quel point ce site va à l’encontre de nos propres valeurs. Enfin, nous souhaitons faire en sorte que les générations futures soient meilleures que les précédentes, et FaisMesDevoirs.com ne pourra en rien y contribuer. Les nouvelles technologies doivent servir à nous améliorer et non à nous assister."
 

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PS: Deezer a fermé la possibilité d'importer des morceaux, le jingle disparait donc, mais cela aura été une bonne expérience, comme le chante si bien Burning Spear qui sera le dernier voir ici pour les amateurs de musique jamaicaine (http://www.deezer.com/track/337725).
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