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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 13:44

Entre nos mains afficheMardi, nous avons emmené les élèves de seconde et de première au cinéma pour voir le film "Entre nos mains". 

L'histoire est celle d'une entreprise de lingerie française en redressement judiciaire que les salariés vont décider de reprendre en la transformant en coopérative de production (SCOP). Le film part de la naissance de ce projet qui suscite des doutes chez les ouvrières jusqu'à la finalisation (je ne dévoile pas la fin car il y a des rebondissements^^) en passant par la contre-proposition de l'ancien dirigeant.

Voici quelques pistes d'analyse et quelques échanges avec les élèves.

   

D'abord la bande annonce

 


 

 

 

 

A / les choix de la réalisatrice Mariana Otero

 

 

Lorsqu'on utilise un document, nous cherchons à faire comprendre aux élèves qu'il faut se poser des questions sur la façon dont il a été élaboré (la légende d'un graphique, les unités, les indicateurs utilisés). Ici, même démarche, l'objectif est de faire prendre conscience qu'il y a des choix qui ont été réalisé par Mariana Otero.

Les élèves ont été un peu déroutés par la "forme" du film: pour eux, c'est un "documentaire" au sens où il retraçe "la réalité".


1/ Quelles différences (en dehors de la durée) peut-on faire entre un reportage TV (comme Capital ou Envoyé Spécial) et ce film.


Dans cette oeuvre, il n'y a pas de données chiffrées ni de voix-off qui explique les mécanismes économiques, le film est surtout centré sur un point de vue (celui des ouvrières) alors qu'un reportage aurait cherché à apporter plus de précisions (l'histoire de l'entreprise, la stratégie de la direction, le contexte économique local et plus global...)


2/ La réalisatrice a fait les choix artistiques suivants, comment les justifiez-vous ?

                 => les ouvrières sont filmées en plan large sur leur lieux de travail  / les gros plans sont réservés aux réunions

 

entre nos mains---copie-2-2

Il s'agit de montrer chaque personne dans son travail. Un élève a été très sensible à "l'environnement sonore" des ateliers. Charles Chaplin dans les "Temps Modernes" avait lui aussi mis l'accent sur cet aspect en mettant une musique stressante sur les scènes où Charlot visse les boulons, ce qui contrastait avec le silence absolu régnant dans le bureau de la direction. D'autres élèves ont souligné "le désordre apparent" des ateliers avec les multiples boites de rangements dans les rayons.

Pour les gros plans sur les visages, c'est un moyen pour le spectateur d'observer les diverses réactions (voir B) au moment des discussions. 


                 => l'ancien patron est hors champ (il n'apparait jamais)

Deux intreprétations possibles ont été trouvées: ce choix est cohérent avec le projet de raconter la création d'une SCOP puisque ce type d'entreprise symbolise en quelque sorte l'effacement du patron et de sa fonction.

Mais le fait que l'ancien patron n'apparaisse pas à l'écran montre également qu'il demeure présent dans tous les esprits (impression qu'il tire un peu les ficelles en étant masqué)

   

 

 

 


B / l'analyse des réactions des ouvrières face au projet de création d'une SCOP


 

Entre-nos-mains-3-32262

 

1 / Voici 4 réponses données par les ouvrières à la question "Acceptez-vous de mettre au moins un mois de salaire dans le projet ?"

(a: oui) 

(b: j'hésite, je ne sais pas)

(c: j'attends et si cela marche, j'accepte)

(d: je ne communique pas publiquement ma réponse)

 

Que révèle chacune de ces réponses sur la façon de se représenter sa place par rapport aux autres et par rapport à l'entreprise ?

 

a: je participe, je crois au projet de l'entreprise, j'agis, j'ai confiance dans les autres)


b: plusieurs interprétations possibles:

-1- une ouvrière fait le raisonnement suivant:  ce mois de salaire,je pourrais le placer "ailleurs" (épargner et / oiu consommer): c'est un raisonnement en terme de coût d'opportunité !

-2- je suis juste une salariée: donc j'apporte ma force de travail, c'est déjà suffisant, je risque de tout perdre si cela ne fonctionne pas: mon emploi et l'argent apporté.

 

c: proche du comportement du passager clandestin: je veux jouer si je gagne , donc pas de prise de risque ni de coût. D'ailleurs, ce choix provoque des tensions puisque cette ouvrière est plus ou moins mis à l'écart au début (elle se retrouve seule à la cantine^^)

 

d: c'est une décision privée, ce qui peut être interprétée de deux façons: soit elle n'est peut être pas bien assumée soit il s'agit au contraire d'une volonté d'être autonome, de ne pas subir de pression ou de ne pas faire pression sur les autres)

 

 

2/  Les relations sociales dans l'entreprise, les valeurs du monde ouvrier

 

   a / Quelles valeurs apparaissent dans ces propos ?

Le mari qui fait remarquer à sa femme (ouvrière) que l’argent qu’elle a reçu au titre de l’intéressement ne lui appartient pas vraiment car « elle ne l’a pas gagné de ses mains »: la valeur travail. Seul le travail me permet d'exister, il est source des revenus....alors que le bénéfice devrait aussi être le résultat du travail des salariés, l'ouvrier pense qu'il ne lui appartient pas vraiment (aliénation chez Marx)


« Je suis entrée chez starissima à la puberté et je la quitterai à la ménopause » dit avec ironie l’une des ouvrières : attachement à l'entreprise qui n'est pas qu'un lieu de travail mais aussi un lieu de vie personnelle.


« on n’est que des ouvrières » : complexe d'infériorité de celui qui a intériorisé sa domination

 

     b / les relations sociales ont-elles changé lorsque le projet de SCOP est validé ?

Effectivement, les ouvrières remarquent que, avant, il y a avait peu de communication entre les différents groupes ("clans") qui composaient l'entreprise.

Ensuite, davantage de contact se manifestent mais tout n'est pas aussi simple puisqu'une des ouvrières déclare: "on ne nous dit peut être pas tout dans les réunions (...) Maintenant qu'on a mis de l'argent, on s'intéresse plus à nous"

 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 10:46

060623-prof-severo.jpg

Hé oui, c'est la période !

J'ai déjà effectué quelques conseils de classe, notamment en classe de seconde...alors quoi de neuf depuis la réforme des lycées ?

 

 


 

J'ai réalisé certains choix pédagogiques depuis septembre:


- les élèves disposent de leurs cours lors des évaluations

 

- il n'y a donc pas de questions de cours à proprement parler dans mes évaluations mais des exercices de raisonnements (schéma d'implication), des applications et des documents pour découvrir d'autres aspects du cours.

 

- lors des séances d'évaluations, je passe dans les rangs pour,si besoin est, expliciter mes attentes (ici la réponse exige de s'appuyer sur des données chiffrées, la définition de telle ou telle notion est écrite dans le cours vous devez la reprendre pour répondre à la question...)

 

- j'ai prévu des propositions de corrigé pour que les élèves puissent évaluer leurs prestations.

 

 

Feedback.jpg

 

 

Conséquences:


-les moyennes sont plus élevées ( 1 à 2 points)


-certaines erreurs sont évitées lors de l'évaluation


-les exercices "nouveaux" posent davantage de problème: quelques élèves  parviennent à les réussir, d'autres se sentent totalement démunis.

 

En conseil de classe, mes appréciations ont changé:


- alors que beaucoup de collègues se plaignent du manque de travail à la maison (leçons non révisées), je mets plutôt l'accent sur les difficultés de l'élève pour raisonner ou appliquer (ce n'est donc pas qu'une question de travail personnel).

Je sais davantage identifier les élèves qui font des erreurs mais qui savent rectifier et les élèves qui font des erreurs parce qu'ils ne maitrisent absolument pas le cours.


- globalement mes notes sont conformes à celles des autres matières (même si elles sont plus élevées): les excellents élèves atteignent des moyennes élevées ( de 17 à 20 / 20 contre 14 à 16 / 20 dans les autres matières), les élèves en difficulté se situent autour de  8 / 20.

 

 

mesmaeker.jpg


- il y a évidemment des points négatifs:


      - j'ai 125 élèves en seconde (50 % de plus que l'année dernière): heureusement que je sais taper assez vite au clavier pour remplir les bulletins car cela représente une charge de travail conséquente. De plus, je ne connais pas encore les prénoms de tous ces élèves (et pourtant j'ai une bonne mémoire) d'autant plus que j'ai d'autres classes.


      - j'ai des élèves qui ne progressent pas, je n'ai pas encore pu m'en occuper comme il faudrait (je comptais sur l'accompagnement personnalisé et j'ai signalé leur cas au conseil de classe, il faudra donc suivre leur parcours après le conseil).


     - beaucoup d'élèves ont encore tendance à faire de l'économie "spontanée". Ce qui montre qu'ils n'ont pas encore intériorisé la démarche scientifique.

Je vous donne un exemple assez significatif:


dans un exercice d'évaluation sur le coût du travail, la question était : Le chef d'entreprise doit-il accorder la hausse de salaire demandée par le travailleur ?

Dans l'énoncé, je présentais des données sur l'augmentation du chiffre d'affaires, le pourcentage de hausse du salaire brut et la part des cotisations sociales en % du salaire brut. Au milieu de l'énoncé, j'avais écrit: "le salarié ne ménage pas ses efforts."

Je passe dans les rangs et je lis: "Oui, il faut accorder la hausse de salaire car il ne ménage pas ses efforts".

Autrement dit, l'élève a privilégié "les bons sentiments" au calcul économique (alors que cette question avait été abordée lors des évaluations).

 

 

 

martine-fait-ses-comptes.jpg

Plus globalement, je trouve que leurs rapports aux données chiffrées m'interpellent sérieusement:

- soit ils les négligent

- soit ils les intégrent artificiellement : ils peuvent calculer un pourcentage mais ils n'en tirent rien, la donnée chiffrée n'est pas maitrisée.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour aller plus loin:

- un article d'un économiste sur les notes comme "incitation": très intéressant !

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 06:24

 

001_nblse.gifAu moment où nous commençons à préparer les fêtes, un petit billet sur nos déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE).

d'après l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (Ademe), un peu plus de 300 000 tonnes sont collectés par an (58 % d'appareils électroménager et 16 % de produits informatique et télécoms).

 

 

 

 

 

 

La grande majorité des déchets ménagers ( 66 %) a été collectés auprès des collectivités alors que les distributeurs ne recueillent qu'un tiers de ces déchets.

Malheureusement, moins de 5 % du poids total des déchets qui a pu être reconditionné et moins de 7 % qui a pui être réutilisé sous la forme de composants.

 

Voici un court métrage d'animation à ce sujet.

 

 

On pourra relire ce billet sur le développement durable avec la vidéo (en version française) the story of stuff:
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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 06:05

explorateurContinuons les premières impressions de cette rentrée sur l'enseignement d'exploration de Seconde à partir des activités proposées lors du premier thème de cette année (le diplôme, un passeport pour l'emploi ?)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je voulais qu'ils comprennent et maitrisent la notion de qualification.

J'ai proposé la séquence suivante au cours de la séance:


- un schéma à remplir sur les éléments de définition de la qualification de l'emploi et de la qualification individuelle.


- un exercice d'application à partir de ces deux définitions du type: les exemples suivants relèvent-ils de la qualification de l'emploi ou de la qualification individuelle ?

La majorité des exemples étaient choisis de façon à ce que la réponse soit aisément repérable, puis d'autres exemples pour lesquels la réponse était moins immédiate.

Les élèves ont assez bien réussi cet exercice, alors que certains n'avaient pas bien compris la différence entre les deux notions lors de la première activité.

 

fotolia5933888xs


- un exercice de raisonnement à partir de ces deux définitions:

 

situation 1: que se passe-t-il (pour l'employeur et/ ou pour l'employé) lorsque la qualification de l'emploi est supérieure à la qualification individuelle ?

Les élèves ont compris que l'employeur risquait de ne pas trouver la main d'oeuvre adéquate et que les candidats n'ayant pas la qualification adéquate risquaient de ne pas obtenir le poste.

 

situation 2: Même question, mais dans le cas où la qualification de l'emploi est inférieure à la qualification individuelle.

Beaucoup ont répondu que le candidat obtiendrait le poste, mais qu'il ne serait pas "reconnu à sa juste valeur" (il serait "sous-payé", il risquerait d'être moins motivé et de chercher d'autres emplois).

Ce qui m'a permis de revenir sur une croyance qui s'était répandue après l'analyse des documents statistiques selon laquelle il fallait avoir le plus de diplôme possible. En effet, on voit ici apparaître le déclassement lorsque la qualification individuelle est trop élevée par rapport à la qualification de l'emploi. On peut reprendre le raisonnement en termes de coût d'opportunité: l'individu aurait alors mieux fait de ne pas consacrer autant d'heures et de ressources matérielles dans les études.

 

 

sémiotique prof élève


- un jeu de rôle: il s'agissait d'un entretien d'embauche pour des vendeurs (euses) dans un magasin de sport. A partir d'une offre d'emploi fictive, ils devaient préparer en se spécialisant dans l'un des deux rôles (l'employeur-recruteur ou le postulant). La consigne était, pour ceux qui jouaient le rôle de l'employeur, de définir la qualification de l'emploi. Pour ceux qui jouaient le rôle du candidat, ils devaient mettre en avant leur qualification individuelle.

2 ou 3 groupes sont passés, chaque entretien durait 2 à 4 mn, les résultats furent particulièrement révélateurs:

 - beaucoup avait préparé sommairement...et beaucoup n'ont pas su répondre à l'excellente question-piège d'un des recruteurs: "pourquoi devrais-je vous choisir (et pas un autre) ?" Le long silence de celui qui postulait pour l'emploi a été bien analysé par les autres élèves (d'autant plus qu'il s'agissait d'un poste de commercial).

- Dans l'annonce, il était indiqué qu'on recherchait des vendeurs(euses) pour les magasins situés dans toute la France. Peu d'élèves ont mis en avant leur mobilité (un élève a même dit qu'il n'avait pas le permis)

Par contre d'autres élèves ont fait preuve de réactivité et la différence s'est très vite imposée avec les autres.

Enfin, j'ai demandé à la classe si quelques uns avaient déjà passé ce type d'entretien, et si la scène jouée était vraisemblable. Quelques uns ont raconté leur expérience, le nombre de candidats pour le poste, les questions posées etc...

Ce jeu de rôle n'avait évidemment pas qu'une visée divertissante. Je voulais mettre en avant une autre dimension: les compétences individuelles en terme de "savoir être". Se présenter, être réactif aux questions (allez voir ce lien ou celui-ci ^^), les gestes, le regard...deviennent (à tort ou à raison) un des éléments du "capital humain". Le problème est que ces compétences ne sont pas distribuées au hasard dans les groupes sociaux et peuvent donc être parfois discriminantes.


 

entretien embauche

 

 

Concernant l'évaluation, j'ai réalisé un certain nombre de choix liés aux particularités de l'enseignement de l'exploration:

- je leur ai autorisé l'usage de leur cahier, d'un dictionnaire durant l'évaluation. Ce qui les a beaucoup surpris ^^

- l'évaluation ne comporte pas de questions de cours en soi (comme je le faisais auparavant), mais des exercices d'applications et d'analyse. 

 

Exercice: Cette personne subit-elle un déclassement ? Justifiez précisément. (5 points)

 

Dans un grand magasin spécialisé dans la vente de livres, une salariée de 27 ans, titulaire d'un DEA d'économie (bac +5) a été recrutée comme vendeuse. Elle a été embauchée en CDI à temps complet pour 1800 euros nets par mois. Elle est responsable du rayon économie-droit, sa fonction consiste à remplir les rayons, à conseiller les clients et à s'occuper des commandes. Selon cette salariée "c'est comme si j'avais ma petite librairie...ma formation initiale est utile pour discuter avec les représentants et les fournisseurs, mais aussi pour conseiller les clients".

Source: d'après N. Gadrey, "le retour de l'emploi non qualifié", Alternatives Economiques n° 237, juin 2005.

 

=> l'objectif était qu'ils réinvestissent la notion de déclassement (étudiée en classe) à partir d'une situation nouvelle (ce cas n'a jamais été abordé en cours).

Pour répondre à cette question, ils devaient d'abord repérer les éléments de la qualification de l'emploi (vendeuse donc emploi peu qualifié...à qui on confie les activités de gestion du rayon, de conseil clientèle et négociation avec les fournisseurs). Son emploi est en CDI (notion étudiée en cours) et à temps complet (donc emploi stable). Puis les composantes de sa qualification individuelle (bac +5, DEA en économie).

Ce cas est bien évidemment un peu "hors-norme", je voulais voir s'ils étaient capable de prendre en compte cette complexité à l'aide des éléments du cours et de leurs réflexions.

 

Image4

 

 

=> les résultats obtenus:

a / quelques élèves (1 ou 2 par classe) m'ont demandé, lors de l'évaluation, ce que signifie le déclassement. Je leur ai répondu que cela a été vu en cours et noté sur leur cahier. J'en déduis donc qu'un certain nombre n'ont pas relu leurs notes avant de venir en évaluation (comme je leur avais demandé ^^).

b / beaucoup d'élèves ont répondu qu'il s'agissait d'un déclassement en justifiant. Mais ils n'ont pas obtenu la totalité des points car:

      - ils ont beaucoup trop simplifié: en gros, leurs réponses se résumaient à "avec un bac + 5, on peut faire mieux que "vendeuse" ^^. Or, l'exemple était plus complexe.

Là encore, je retrouve souvent ce type de réponse un peu manichéenne dans d'autres situations, ce qui produit souvent des analyses au mieux trop vagues, ou au pire trop peu pertinentes.

     - ils n'ont pas souvent réinvesti les caractéristiques des différents types de qualification étudiés en classe. Quelques uns ont même fait l'erreur de confondre CDI et CDD. Je suis plus indulgent à cette période de l'année (sauf pour la confusion CDI / CDD) car ils n'ont pas encore intériorisé les exigences de la matière (utilisation d'un vocabulaire approprié et de modes de raisonnements propres aux SES).

Quelques uns (environ 10 %) ont pris en compte les différents éléments de la qualification individuelle et de l'emploi propre à cet exemple. Même si leur réponse n'était pas parfaite, ils ont obtenu la totalité des points.

 

A suivre...

 

evaluer6

 

 


 


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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 10:00

explorateurCela va faire un bon mois que les cours ont repris.

Cette année, la nouveauté consiste à faire découvrir les sciences économiques et sociales à tous les élèves de seconde sous la forme d'un enseignement dit d'exploration.

Je voudrais faire un premier point .

 

 

 

 

 

 

 

D'abord les conditions dans lesquelles se déroulent les cours: je vois les élèves de seconde 1 fois par semaine, chaque séance dure 1h30. Les effectifs sont compris entre 15 et 25 élèves. Les conditions de travail sont donc tout à fait convenables sur ces aspects.

J'ai au total 6 classes de secondes soit 125 élèves, ils n'ont pas de manuel, je n'ai pas encore d'ordinateur avec videoprojecteur et connexion internet. Là, par contre, c'est beaucoup moins enthousiasmant d'autant plus que j'utilise un nombre élevé de polycopié. Bienvenue au XXIeme siècle

 

Ensuite, les activités menées en classe et l'attitude des élèves.

J'ai commencé par le thème suivant: le diplôme, un passeport pour l'emploi ? Il me paraissait plus motivant et moins "technique" que le premier thème du programme officiel (sur les déterminants économiques de la consommation, notamment les revenus et les prix)

 

 

1 / D'où partent les élèves ?


Il a fallu faire émerger leurs représentations sur deux questions liées au thème:

a- le diplôme permet-il l'accès à l'emploi ?

Pour l'essentiel des élèves, la cause était entendue: le diplôme ne sert pas à grand chose. Leurs justifications sont diverses, mais la plus fréquente est:  "Je connais quelqu'un qui a bac + 5 et qui ne trouve pas de travail"


b- Pourquoi tous les individus n'accédent-ils pas aux diplômes ?

Là encore, leurs réponses sont assez proches: "Les études, ça coûtent trop cher", "tout le monde n'a pas les mêmes capacités ou n'est pas motivé" (l'influence des facteurs économiques est pour eux essentielle).

Il va falloir, pour les thèmes à venir, que je réfléchisse davantage sur les différentes manières de récolter ces représentations. Ceci me parait absolument central pour qu'ils s'apercoivent du chemin parcouru.


 

 

2 / Comment découvrent-ils ?

 

Je leur propose le document suivant:


taux de chomage

 

 

Le taux de chômage : (nombre de chômeurs / nombre d’actifs)*100

Un actif : personne qui déclare exercer une activité professionnelle déclarée et rémunérée (actif occupé) ou qui cherche à en exercer une (chômeurs).

 

Voici les 3 questions posées: 

A: Pour le chiffre 37,7, quelle est la bonne réponse ?

1 / sur 100 jeunes ayant eu le brevet depuis 1 à 4 ans ou n’ayant aucun diplôme , 37.7 sont au chômage en 2008

2/ sur 100 chômeurs, 37.7 ont le brevet depuis 1 à 4 ans ou n’ont aucun diplôme en 2008

3/ sur 100 jeunes actifs en 2008, 37.7 sont au chômage depuis 1 à 4 ans

4/ sur 100 jeunes actifs ayant eu le brevet depuis 1 à 4 ans ou n’ayant aucun diplôme, 37.7 sont au chômage en 2008

 

=> l'idée était de contourner l'obstacle de leur difficulté à écrire une réponse sur les pourcentages. Je voulais qu'ils se concentrent sur les informations synthétisées par ce pourcentage.

 

 

B: Calculez l’écart maximum de taux de chômage entre les plus diplômés et les moins diplômés en 2008. Même question pour 1978 et 1990

 

=> je voulais qu'il prenne conscience de l'ampleur des écarts de taux de chômage en donnant un ordre de grandeur.


C: le diplôme protège-t-il du chômage ?

 

=> ici, c'est la question qui doit leur permettre de formuler ce qu'ils ont "découvert" dans ce document

 

001_nblse.gif

 

Voici quelques résultats obtenus:


A: beaucoup d'élèves n'ont pas trouvé la bonne réponse au premier essai (ils ont choisi la première), mais en leur montrant que le chiffre à lire synthétise différentes variables à partir de la formule du taux de chômage, certains ont rectifié et ont trouvé la bonne réponse.


B: beaucoup ont fait un calcul sommaire (la différence entre le % le plus élevé et le moins élevé et ont écrit: "31 %").

On voit bien une dérive fréquente de l'enseignement qui consiste à répondre sans se préoccuper du sens de la question ou de la réponse. Faire un calcul, donner un chiffre n'a pas de sens en soi. Il s'agit de faire prendre conscience d'ordre de grandeur qui permettront d'apporter des éléments de connaissance sur la relation diplôme-chômage.


C: j'ai été étonné de quelques réponses: "le diplôme ne protège pas du chômage", "le diplôme protège un peu...". 

De plus, on peut se demander si le fait que leurs représentations initiales soient mises en contradiction avec les données ne participe pas à ce qu'ils ne percoivent pas la découverte qu'ils auraient dû faire. D'ailleurs, même ceux qui ont été déstabilisés n'y "croient pas vraiment" ^^


D'autres activités du même type montreront que le lien entre diplôme et qualification de l'emploi, diplôme et stabilité de l'emploi, diplôme et salaire ne confirme pas exactement leurs représentations.

 

J'ai, par la suite, obtenu la dérive inverse à celle constatée: à savoir que pour eux, le diplôme devenait progressivement le sésame qui ouvrait toute les portes (celle de l'emploi qualifié, stable et bien rémunéré).

D'où le risque qu'ils en déduisent que, ce qui compte, c'est d'avoir le plus diplôme possible !! (voir la thèse de Marie Duru- Bellat)  

Il a fallu leur montrer le déclassement et leur donner à nouveau des ordres de grandeur.

 

L'activité sur le lien entre salaire et diplôme était révélatrice:

 

différence salaire

 

Graphique de gauche: Je leur fait calculer les écarts de salaire selon le niveau de diplômes pour ceux qui sont sortis depuis 1 à 4 ans de formation initiale. Puis je leur demande s'ils trouvent cet écart important.


Quelques uns ont raisonné en termes absolus, l'écart leur est apparu important.

Mais d'autres l'ont trouvé plutôt faible en le ramenant au nombre d'années d'études.

D'autres ont trouvé que cela "ne paye pas" : Faire un bac + 2 pour obtenir 1500 euros net, c'est peu, on peut obtenir le même salaire voire plus avec peu de diplôme: par exemple, une serveuse qui obtient des pourboires." Ce qui revient à raisonner en termes de coûts d'opportunité: investir dans les études en espérant un emploi qualifié ; mais cela implique de renoncer à gagner un salaire immédiatement...

D'autres ont aperçu que le salaire des plus diplômés avait baissé de 400 euros , beaucoup l'ont expliqué en montrant qu'il y avait de plus en plus de diplômés, donc la valeur du diplôme devenait moins significative.

 

Graphique de droite: que se passe-t-il après quelques années  ?

Ce graphique montre l'accroissement des écarts de salaire selon les diplômes. Tout le monde a trouvé que les écarts étaient importants.

On est revenu à l'exemple de la serveuse, ici les élèves se sont rendus compte qu'en prenant en compte non plus le court terme comme au début, mais le plus long terme, il aurait mieux valu investir dans les études. En effet, le salaire de la serveuse subit des fluctuations importantes (travail saisonnier), l'emploi est souvent instable (CDD) même s'il peut être parfois bien rémunéré, la progression à long terme est bien plus faible que si on avait poursuivi les études.


On peut donc enchaîner sur le concept de capital humain.

Ils ont été étonné lorsque je leur ai communiqué le coût annuel d'un lycéen (voir site educnet et ministère de l'éducation) et le temps moyen passé au lycée (proche de 900 heures par an). Pour eux, l'école, c'est "presque gratuit" (tout comme la musique). D'où des questions sur les composantes du coût annuel ("Qu'est-ce qu'on met dans ce coût ?") et les sources de financement de ces dépenses...

 

la suite au prochain billet ^^


 

 

 

Pour aller plus loin:


- O. Bouba-Olga sur son blog en a déjà parlé, cet article est à (re)lire

- le concept de "capital humain" pour la Commission européenne

- l'OCDE a publié son rapport sur l'éducation en septembre 2010

- deux liens qui renvoient au déclassement: Eric Maurin et Camille Peugny

- L'INSEE vient de montrer que le domaine d'études est déterminant pour le début de carrière (voir ici)

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 17:03
Avec les élèves de seconde, nous étudions le rôle de la famille.
Un des aspects souvent étudiés concerne la répartition des tâches au sein du couple.
Pour cela, nous utili
sons souvent l'enquête emploi du temps de l'INSEE de 1999.
Voici le document que j'ai donné aux élèves avec la question d'analyse à laquelle il fallait répondre:




Emploi du temps d'un couple ayant 2 enfants:      

                                                                              homme                femme
temps physiologique                                        
(sommeil + toilette + repas)                                11h45mn             11h24mn


temps professionnel
(y compris trajet domicile-travail)                          6h42mn               5h07mn

temps domestique
(ménage, cuisine, vaisselle, bricolage...)             1h29mn               4h17mn

temps de loisirs
(Télé, lecture, promenade, sports
...)                                   2h41mn               1h55mn

temps de sociabilité
(conversations, téléphone, visites, courrier...)     1h23mn                1h17mn


Question: les hommes et les femmes n'ont pas le même emploi du temps. S'agit-il d'une différence ou d'une inégalité ? Justifiez



Réponse:

- pour les garçons (dans 80 % des cas), il s'agit d'une différence car il y a un partage des activités: les hommes ont un temps de travail professionnel plus élevé d'où un temps de travail domestique plus faible. C'est l'inverse pour les femmes.

- pour les filles (dans 100 % des cas): il s'agit d'une inégalité car le temps domestique prend beacoup de place et fait baisser le temps de loisirs par rapport aux hommes.
Les femmes ont donc moins de temps libre et peuvent moins s'investir dans le temps professionnel.

Cherchez l'erreur....^^





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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 12:51
J'ai réalisé un diaporama sur les évolutions de l'emploi dans la région Bourgogne à partir des données aimablement fourni par mr Perrier Cornet (économiste à la DRTEFP).

Ce diaporama s'adresse aux professeurs principaux qui ont en charge l'orientation en Troisième.


L'objectif est de leur donner quelques données de cadrage sur les changements actuels et à venir des emplois
.






Il peut évidemment intéresser d'autres publics, dont mes élèves de seconde, première et terminale (l'emploi et le chômage sont des notions mobilisables pour analyser la réalité économique).

Il manque les animations. De plus, il est souhaitable de le mettre en plein écran pour plus de lisibilité.

Bonne lecture





Je viens de découvrir cela:


Découvrez Fatals Picards!



Etonnant, non ?


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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 10:59
J'ai trouvé un certain nombre de documents "visuels" sur l'organisation du travail, notamment en ce qui concerne le taylorisme et le fordisme. Ils complètent très largement les cours de seconde et de Terminale.







Le premier document rappelle les principes du taylorisme, il est réalisé par Filipe de Oliveira (voir son blog ici
)




Voici maintenant les innovations réalisées par Henry Ford (la source est la même)



Voici maintenant des éléments d'interprétation de ces transformations de l'organisation du travail.

Ce dessin animé de John Sutherland (absolument fabuleux) explique pourquoi le travailleur américain est si productif. C'est moins sa valeur individuelle que le système économique dans lequel il se situe qui compte. Il s'agit d'un film d'animation de 1949 qui met en avant les bienfaits de l'organisation économique américaine (n'oublions pas le contexte de la guerre froide), il met en avant de nombreux mécanismes économiques légitimant l'Organisation Scientifique du Travail et le capitalisme.



Enfin, comment aborder ce thème sans vous montrer des extraits des "temps Modernes" de Charles Chaplin (1936) ?
Ici, c'est un autre aspect de l'organisation du travail qui est montré. Toutes les critiques sur le caractère déshumanisant du travail sont abordées.





Une reprise pour terminer ce billet, c'est une chanson très connue...

free music


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8 décembre 2007 6 08 /12 /décembre /2007 08:42
happyani.gifAllez, c'est le week end,  un peu de détente, non ?

En même temps, on peut toujours revoir certaines notions, mécanismes économiques et sociologiques étudiés en classe ^^

J'aime bien la sit-com "caméra café".
Un rythme rapide (3'20), un plan fixe, des personnages récurrents, des dialogues savoureux sur des thèmes liés à l'entreprise, aux relations sociales...






Alors voici tous les épisodes de caméra café en streaming sur ce lien.

Un exemple parmi d'autres ?

Cet épisode montre quelle est la place des jeunes dans l'entreprise.

On sait qu'en France, les taux d'activité sont concentrés sur les âges intermédiaires (les 25 - 50 ans). Les 16- 25 ans représentent moins de 10 % des salariés.
Dans la série, quelques jeunes occupent des emplois qui sont souvent subalternes.

Regardez cet épisode intitulé "petit salaire"


Caméra Café : Petit salaire - saison 7 épisode 54 - wideo
 
Auteurs : Bruno Solo, Alain Kappauf, Yvan Le Bolloc'h Réalisé par : Yvan Le Bolloc'h, Bruno Solo, Alain Kappauf Avec : Yvan Le Bolloc'h, Bruno Solo © CALT PRODUCTION - 121 PRODUCTIONS


On s'aperçoit là aussi, du choc des générations:

- le poids de l'influence du groupe des pairs: cela amène Vince à refuser la faible augmentation de salaire pour ne pas de couper de ses camarades.

- la réaction du délégué syndical qui l'accuse de faire pression à la baisse sur les salaires...

Instructif, non ?




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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 07:34
C'est aujourd'hui mon 300ème billet. Quel travail !
Hé bien justement, le sujet du jour sera consacré au travail.
Quels sens pouvons-nous donner à cette activité ?

Je vous ai concocté une sélection de divers documents pour tenter d'apporter des éléments de réponse.


Doc.1 : Travailler est issu (1080) d’un latin populaire « tripaliare », littéralement « tourmenter, torturer avec le trepalium, du bas latin trepalium, nom d’un instrument de torture. En ancien français et toujours dans l’usage classique, travailler signifie « faire souffrir » physiquement ou moralement et se travailler « se tourmenter » (XIIIe siècle).

Dictionnaire historique de la langue française, 1992

 

adam_eve_travail.jpgDoc.2 : Dieu dit à la femme : Je ferai qu’enceinte, tu sois dans de grandes souffrances, c’est péniblement que tu enfanteras des fils.

Il dit à Adam : « parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais formellement prescrit de ne pas manger, le sol sera maudit à cause de toi. C’est dans la peine que tu t’en nourrira tous les jours de ta vie, il fera germer pour toi l’épine et le chardon et tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras du pain jusqu’à ce que tu retournes au sol car c’est de lui que tu as été pris.

Genèse III, 17-19, traduction œcuménique de la Bible, éditions du Cerf, 1988

 
Doc.3 : le laboureur et ses enfants  
Jean de la Fontaine 1621-1695

Travaillez, prenez de la peine

C’est le fond qui manque le moins.
Un riche laboureur, sentant la mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage 
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût.
Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place 
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an 
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage 
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

hl_prize_laborersons2.jpg
 

 

Doc.4 : une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture. Au lieu de réagir contre cette aberration mentale, les prêtres, les économistes, les moralistes ont sacro-sanctifié le travail

Paul Lafargue, Le Droit à la paresse, 1880



A / Quels sont les différents sens donnés à cette activité ?

B / Retrouvez des justifications

Par exemple, on peut dire, à partir du document 1: 
Le travail: une "souffrance"
=> c'est l'idée d'une action pénible, laborieuse. On ne prend pas de plaisir, c'est ingrat.
Le travail peut concerner des métiers pénibles physiquement (travail à la chaine) ou moralement (stress au travail lié aux clients, aux supérieurs hiérarchiques).

A vous de continuer





Passons maintenant à d'autres types de sources.

Les peintres ont eux aussi, avec leur art, représenté le travail.
J'ai choisi deux tableaux révélateurs. Ils traitent du même sujet, mais la vision n'est pas identique.

C / Saurez-vous reconnaître et identifier leur représentation du travail ?
Soyez de fins obervateurs...


daumier-la-blanchisseuse-1863.jpgl--on-delachaux-ling--re-1905.jpg

      tableau d'Honoré Daumier

           La blanchisseuse

                     1863

 
























































Tableau de Léon Delachau La lingère 1903
Vous voulez une aide ?
Alors passez le curseur juste en-dessous pour faire apparaître des indices ^^


observez attentivement la position des deux personnages, elle est très révélatrice.
de même, chez les peintres, la lumière joue un rôle central
essayez éventuellement de relier ces tableaux aux différentes conceptions évoquées au début.




La chanson populaire a traité abondamment de ce thème.

Je suis biaiseuse chez Paquin
Pour mon métier j'ai le béguin
Les veillées c'est tout mon bonheur
J'suis pas pour la journée d'huit heures
Et le travail de nuit me fait pas peur
Avec ardeur avec entrain
Je biaise du soir au matin
Quand mes parents m'voient pas rentrer
Y disent y'a pas à s'inquiéter
Elle est encore en train d'biaiser


Dans les grandes maisons d'couture
Y'en a qui sont trottins
Y'a des vendeuses et par nature
Y'en a qui sont mannequins
Y'en a qui font des corsages
D'autres qui font des surjets
Moi Mesdames Messieurs mon ouvrage
C'est d'faire des robes en biais
Pour bien biaiser une robe ma fois
Y'en a pas deux, pas deux comme moi


Je vais m'établir bien vite
Me marier quel bonheur
Avec un garçon plein d'mérite
Qu'y est ouvrier plisseur
Pour nous installer à l'aise
Comme n'avons pas l'sou
Je biais'rai d'abord sur un' chaise
Et lui pliss'ra tout d'bout
L'essentiel c'est qu'y ait pas d'retard
Qu'on dise pas que j'biaise en canard


Je suis biaiseuse chez Paquin
Pour mon métier j'ai le béguin
C'est ça qui s'ra gentil ma foi
On f'ra tout l'ouvrage chez soi
En s'entraidant comme chacun le doit
Avec ardeur avec entrain
On se partagera le turbin
Afin de n'pas nous esquinter
Lorsque j'aurai fini d'biaiser
C'est lui qui s'mett'ra à plisser.

Paul Marinier 1900


D / Cette chanson révèle une représentation positive du travail.
      Pourquoi (recherchez les éléments de réponse dans les paroles) ?




Faisons un saut dans le temps et passons aux années de prospérité économique, celles qu'on appelle les "Trentes Glorieuses" (1945 - 1975).

Alors là, vous avez le son et l'image... (et cela vous changera des clips MTV^^)




« J'suis l'poinçonneur des Lilas
Le gars qu'on croise et qu'on n' regarde pas 
Y a pas d'soleil sous la terre 
Drôle de croisière 
Pour tuer l'ennui j'ai dans ma veste 
Les extraits du Reader Digest
Et dans c'bouquin y a écrit
Que des gars s'la coulent douce à Miami 
Pendant c'temps que je fais l'zouave
Au fond d'la cave 
Paraît qu'y a pas d'sot métier 
Moi j'fais des trous dans des billets
J'fais des trous, des p'tits trous, encor des p'tits trous 
Des p'tits trous, des p'tits trous, toujours des p'tits trous
Des trous d'seconde classe 
Des trous d'première classe (…)
Y a d'quoi d'venir dingue 
De quoi prendre un flingue 
S'faire un trou, un p'tit trou, un dernier p'tit trou
Un p'tit trou, un p'tit trou, un dernier p'tit trou 
Et on m'mettra dans un grand trou 
Où j'n'entendrai plus parler d'trou plus jamais d'trou
De petits trous de petits trous de petits trous »
 


Serge Gainsbourg, Le poinconneur des Lilas 1958

Juste un peu plus tard, on retrouve un méga-tube de l'époque (c'est l'équivalent de Fatal Bazooka, non ?). Regardez-moi cela ...


Henri Salvador - le travail c'est la santé (1965)

Ces gens qui courent au grand galop
En auto, métro ou vélo
Vont-ils voir un film rigolo
Mais non, ils vont à leur boulot

{Refrain:)
Le travail c'est la santé
Rien faire c'est la conserver
Les prisonniers du boulot
N' font pas de vieux os.

Ils bossent onze mois pour les vacances
Et sont crevés quand elles commencent
Un mois plus tard, ils sont costauds
Mais faut reprendre le boulot

Dir' qu'il y a des gens en pagaille
Qui cour' nt sans cesse après le travail
Moi le travail me court après
Il n'est pas près de m'rattraper.

Maint' nant dans le plus p'tit village
Les gens travaillent comme des sauvages
Pour se payer tout le confort
Quand ils l'ont, eh bien, ils sont morts.

Homm's d'affaires et meneurs de foule
Travaillent à en perdre la boule
Et meur' nt d'un' maladie de cœur
C'est très rare chez les pétanqueurs.

E / Quel sont les points communs entre ces deux chansons ?


Après la croissance, c'est la crise et les "Trente Piteuses" (1975 - 2005 ?)
 

Bernard Lavilliers - Les Mains D'Or

Un grand soleil noir tourne sur la vallée
Cheminée muettes - portails verrouillés
Wagons immobiles - tours abandonnées
Plus de flamme orange dans le ciel mouillé

On dirait - la nuit - de vieux châteaux forts
Bouffés par les ronces - le gel et la mort
Un grand vent glacial fait grincer les dents
Monstre de métal qui va dérivant

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'ai passé ma vie là - dans ce laminoir
Mes poumons - mon sang et mes colères noires
Horizons barrés là - les soleils très rares
Comme une tranchée rouge saignée rouge saignée sur l'espoir

On dirait - le soir - des navires de guerre
Battus par les vagues - rongés par la mer
Tombés sur le flan - giflés des marées
Vaincus par l'argent - les monstres d'acier

J'voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or

J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y a plus rien à faire
Quand je fais plus rien - moi
Je coûte moins cher - moi
Que quand je travaillais - moi
D'après les experts

J'me tuais à produire
Pour gagner des clous
C'est moi qui délire
Ou qui devient fou
J'peux plus exister là
J'peux plus habiter là
Je sers plus à rien - moi
Y a plus rien à faire

Je voudrais travailler encore - travailler encore
Forger l'acier rouge avec mes mains d'or
Travailler encore - travailler encore
Acier rouge et mains d'or...


F / Cette chanson comporte différentes visions du travail. Lesquelles ?




Je voudrais terminer par une approche plus économique du sens du travail.
Deux documents différents serviront de base (Ah non, y a plus de chansons...^^)

"(...) Il faut comparer l'homme aux animaux, et même aux plus évolués dans la hiérarchie biologique: un mammifère, cheval, chien ou chat, peut se satisfaire des seuls besoins naturels: un chat qui a faim ne met rien au-dessus d'une souris, un chien rien au-dessus d'un lièvre, un cheval, rien au-dessus de l'herbe. Et dès qu'ils sont rassasiés de nourriture, aucun d'eux ne cherchera à se procurer un vêtement, une montre, une pipe ou un poste de radio. L'homme seul a des besoins non naturels. Et ces besoins sont immenses (...) Nous travaillons pour transformer la nature naturelle qui satisfait mal ou pas du tout les besoins humains, en éléments artificiels qui satisfassent ces besoins: nous travaillons pour transformer l'herbe folle en blé puis en pain, les merises en cerises et les cailloux en acier puis en automobiles."

Jean Fourastié, Pourquoi nous travaillons Que sais-je PUF 1959

G / Quel sens est donné au travail dans ce texte ?

On termine avec une représentation assez répandue aujourd'hui dans le monde du travail.
C'est un diaporama qui a connu pas mal de succès ces derniers mois sur le web (cliquez pour faire défiler les diapositives)


H / Quelle est alors la représentation qui est donnée du travail ?



Par contagion:

SOS...SES...Je Blogue avait déjà abordé ce thème sous d'autres aspects:

- Allez...au boulot

- Alors ? Vous bossez ou quoi ?


Quoi ? Encore des jingles ?






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