Pour redonner du sens aux mutations économiques et sociales, des articles et des liens liés aux sciences économiques et sociales, aux débats actuels.
Voici deux textes très différents pour présenter une discipline comme l'économie.

"Un beau jour, Tami Weiser, institutrice à Encino en Californie, apporte 14 boîtes de peinture et 15 barres de chocolat pour sa classe de…31 élèves ! "Comment allez-vous choisir ceux qui auront quelque chose ?" leur demande-t-elle ? Diverses solutions sont mises en place par les enfants: ils décident de faire des tournois de bras de fer et de course de vitesse, mais après quelques heures, les mines s'allongent: quelques élèves, toujours les mêmes, gagnent. "Partager à égalité" mais personne ne disposerait d'assez de couleurs pour faire son dessin. "Pourquoi pas une loterie ?". Finalement, ils décident que boîte de peinture et barres de chocolat seront réservées à ceux qui feront le balayage, le rangement, ceux qui auront les meilleurs résultats scolaires…
Laissées à elles-mêmes, ces "mini-sociétés" évoluent de manière prévisible. Après quelques jours, la monnaie (ce sont des "rayons de lune" en papier) apparaît quand les enfants réalisent combien il est peu pratique de troquer des boîtes de peinture contre des barres de chocolat. Mais les "rayons de lune" se perdent et ceux qui restent dans les poches finissent dans la machine à laver. C'est alors qu'un élève a l'idée de produire et de vendre des enveloppes. Après avoir observé ce premier succès, un deuxième élève lance à son tour un commerce de porte-monnaie, mais colorés ou vendus pour un rayon de lune de moins. "ce n'est pas juste!" hurlera le premier…
"Ils font de véritables études de sciences économiques" explique l'institutrice. "C'est un exercice de clarification des valeurs, mais sans réponses toutes faites. Bien sûr ils échouent, le jour où ils font faillite, ils rentrent chez eux totalement décomposés, mais ils reviennent le lendemain avec de nouvelles propositions."
Il est troublant de constater à quel point les choix de ces "mini-sociétés" reflètent ceux des adultes. Si les consommateurs de "Fou-rire" (une des mini-sociétés) découvrent que le limonadier coupe ses boissons avec de l'eau, ils peuvent décider d'encourager un concurrent en l'exonérant d'impôts, tandis que "le royaume des abeilles" (une autre mini-société) choisira plutôt de salarier un inspecteur. Quand les dépenses de l'administration dépassent ses recettes, "Winnie l'ourson-ville" licenciera des fonctionnaires alors que le "Front uni des cools" décide d'augmenter les impôts et de faire fonctionner la planche à billets. Et constatera ainsi ce qui arrive quand on manque de fonctionnaires ou quand trop d'argent circule.
A peine surprenant: les enfants les moins doués sur le plan scolaire lancent souvent les entreprises les plus florissantes. "Les enfants de milieux aisés ne sont pas des entrepreneurs nés, ce sont de merveilleux consommateurs" explique Tami Weiser. Les garçons sont souvent les premiers à créer leurs entreprises, puis ils réalisent qu'ils pourraient faire faire le travail par les filles. Mais l'arrangement ne dure qu'un temps: des questions de justice et d'égalité se règlent à coups de poings et parfois dans les larmes. Puis les filles se disent qu'elles pourraient en finir avec tout ça et se mettent à leur compte. Une fois lançées, elles réussissent aussi bien que les garçons, mais elles ont tendance à s'associer avec une amie. En début d'année, les enfants dessinaient le portrait d'un chef d'entreprise en le représentant par un gros bonhomme chauve fumant le cigare. A la fin du programme, le portrait représente une personne jeune, séduisante et sûre d'elle, qui ressemble furieusement au petit garçon ou à la petite fille qui l'a dessinée." Source: A pour Affaires, Janvier 1990
QUESTIONS:
1- Quel est le premier problème économique auxquels sont confrontés les enfants ?
2- Quelles sont les différentes solutions imaginées par les enfants ? Laquelle est la meilleure ? Pourquoi ?
3- Comment les enfants échangent-ils leurs richesses au début ? après ? Pourquoi ?
4- Qu'est-ce qui explique l'apparition de la première entreprise ? la seconde ?
5- En vous appuyant sur le troisième paragraphe, répondez à la question suivante en vous justifiant et en illustrant: A une question économique, existe-t-il une ou plusieurs réponses possibles ?
6- Quel(s) problème(s) les enfants vont constater dans les situations évoquées dans le paragraphe souligné ?
7- Les activités économiques obéïssent-elles uniquement à une logique économique ? Illustrez à l'aide du texte.
« une certaine conception du monde place dans le passé l’âge d’or de l’humanité. Tout aurait été donné gratuitement à l’homme, et tout serait au contraire pénible de nos jours (…). En réalité, tous les progrès actuels confirment que la nature naturelle est une dure réalité pour l’humanité. Le lait « naturel » des vaches « naturelles » donne la tuberculose, et la vie d’autrefois faisait mourir un enfant sur trois avant un an. Et des deux qui restaient, dans les classes pauvres, un seul dépassait 25 ans en France vers 1800.
Toutes les choses que nous consommons sont en effet des créations du travail humain, même celles que nous jugeons les plus « naturelles ». le blé a été créé par une lente sélection de graminées ; il est si peu naturel que si nous le livrons à la concurrence des vraies plantes naturelles, il est immédiatement battu et chassé ; si l’humanité disparaissait, il en serait de même de toutes nos plantes cultivées, de nos arbres fruitiers et de nos bêtes de boucherie. A plus forte raison, les objets manufacturés, des textiles au papier et des montres aux postes de radio, sont des produits artificiels.
Qu’en conclure sinon que l’homme est un être dont les besoins sont en total désaccord avec la planète où il vit ? Pour le bien comprendre, il faut comparer l’homme aux animaux : un mammifère peut se satisfaire des seuls besoins naturels : un chat qui a faim ne met rien au-dessus d’une souris, un cheval, rien au-dessus de l’herbe. L’homme seul a des besoins non naturels. Et ces besoins sont immenses. Nous travaillons pour transformer la nature naturelle qui satisfait mal ou pas du tout les besoins humains, en éléments artificiels qui satisfassent ces besoins ; nous travaillons pour transformer l’herbe folle en blé puis en pain (…) »
Jean Fourastié, « Que sais-je ? » PUF , 1959.
1- Formulez l’idée générale du texte en retrouvant la question à laquelle répond ce texte.
2- Comment l’auteur caractérise-t-il les besoins humains ?
3- Pourquoi l’auteur écrit-il que les besoins humains sont immenses ?
4- Quelle conséquence peut-on tirer de la réponse précédente.