LES SOURCES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE
D’OU VIENT LA CROISSANCE ECONOMIQUE ?
Doc.1 : « Pour comprendre la richesse d’une nation, les économistes distinguent habituellement trois facteurs de production : le travail, le capital et le progrès technique (…) Le capital est mesuré par la somme des investissements matériels du pays, corrigés par l ‘obsolescence des équipements installés. Le travail est représenté par le nombre d’heures travaillées lesquelles sont corrigées par un indicateur de la scolarisation des travailleurs. Le progrès technique, qu’on appelle aussi la « productivité globale » des facteurs de production, mesure l’efficacité avec laquelle une économie marie les deux premiers termes, travail et capital. Si, par exemple, deux économies investissent les mêmes sommes et recrutent le même nombre de travailleurs mais que l’une soit pourtant plus pauvre que l’autre, on dira qu’elle a bénéficié d’une moins bonne « productivité globale ». De même, si la croissance d’une économie se réduit au cours du temps en dépit du fait qu’elle investisse ou recrute autant qu’avant, on dira que la croissance de sa productivité globale s’est ralentie (…) Source : Daniel Cohen, Richesse du monde, pauvreté des nations Flamarion 1997
1°) Quels sont les déterminants de la croissance ? Définissez les (vous pouvez vous aider d’un lexique ou d’un dictionnaire)2°) Pourquoi le montant du capital doit-il être corrigé par l’obsolescence des équipements ?3°) Pourquoi doit-on tenir compte de la durée de scolarisation dans la mesure du facteur travail ?4°) Qu’est-ce qui peut influencer le nombre d’heures travaillées dans une économie ?Doc.2 : Tx de croissance annuel moyen (TCAM) du P.I.B. et décomposition de ce taux selon les facteurs de production à l’origine de la croissance.
| | Etats-Unis | Japon | France |
| 1960-1973 | 1973-1990 | 1960-1973 | 1973-1990 | 1960-1973 | 1973-1990 |
| TCAM
du P.I.B. (en %) | 3.8 | 2.5 | 9.5 | 4.0 | 5.9 | 2.4 |
| Facteur
travail | 1.0 | 1.0 | 0.4 | 0.3 | 0.3 | - 0.4 |
| Facteur capital | 1.1 | 1.1 | 3.5 | 2.0 | 1.6 | 1.1 |
| Résidu (progrès technique) | 1.7 | 0.4 | 5.6 | 1.7 | 4.0 | 1.7 |
Source :Economie prospective internationale, n°52, 1992, La Documentation Française.1°) Faites une phrase avec 9.5 (donnée soulignée).2°) Pouvez-vous expliquer le chiffre négatif concernant la France et le facteur travail ?3°) complétez le tableau ci-dessous à l’aide des données pour la France et le Japon de 1960 à 1973 | | France 1960-1973 en % du total | Japon 1960-1973 en % du total |
| Croissance du PIB | 100 % | 100 % |
| Contribution à la croissance du PIB : du facteur travail du facteur capital du progrès technique | …..% …..% …..% | …..% …..% …..% |
3°) Que retenir de ce tableau ?Doc.3 : décomposition par facteurs de production de la croissance économique des quatre dragons asiatiques
| En % | Croissance totale | Rôle du capital | Rôle du travail | Rôle du progrès technique |
| Corée du Sud | 10.3 | 4.6 | 4.5 | 1.7 |
| Taïwan | 9.4 | 3.2 | 3.6 | 2.6 |
| Singapour | 8.7 | 5.6 | 2.9 | 0.2 |
| Hong-Kong | 7.3 | 3.0 | 2.0 | 3.0 |
1°) Qu’est ce qui différencie l’explication de la croissance en France de celle des quatre dragons ?2°) Quelle(s) déduction(s) pouvez-vous faire de votre réponse précédente ? Doc.4 : Analysant le sous-développement, Arrigihi Emmanuel concluait que les pays pauvres étaient nécessairement exploités par les pays riches. Son raisonnement tenait en partie au fait que la seule source supposée de la richesse était à ses yeux le travail humain. Il n’est plus possible, aujourd’hui, de comprendre la richesse en faisant une telle approximation (…)
Une étude conduite par la Fédération internationale des industries textiles montre que le nombre d’heures travaillées pour fabriquer une pièce de textile donnée n’est pas très différent : il est à peine 8 % supérieur en Inde.Une heure de travail coûte quinze fois moins cher en Inde qu’aux Etats-Unis. Au regard de ces chiffres, on s’attendrait donc à ce que le textile indien soit bien meilleur marché. Or ce n’est pas le cas .L’énergie par exemple est deux fois plus onéreuse, le capital ainsi que la matière première y coûte 50 % plus cher
La richesse d’un pays est actionnée par une série de leviers qui se soulèvent l’un l’autre. Un premier levier est celui qui tient à l’éducation ou à l’expérience professionnelle. Le deuxième levier est celui qu’offrent les machines. Un ingénieur n’aura pas la même efficacité s’il dispose ou non d’un ordinateur. Le troisième levier est « l’efficience globale » qui inclut le progrès technique et l’efficacité organisationnelle des entreprises
Les pays pauvres actionnent les mêmes leviers que les pays riches. Le drame est que ceux-ci sont décalés par rapport à ce qu’il faudrait. Selon nos calculs, ils souffrent d’un handicap de 35 % en chacun de ces trois termes. Quand l’ouvrier actionne un levier dont le rapport est de 100, son homologue dans un pays pauvre dispose en moyenne d’un levier dont le rapport n’est que de 65 (…)
C’est parce que les handicaps se cumulent qu’il est aujourd’hui extrêmement difficile de sortir de la pauvreté. Ni l’éducation, ni l’investissement, ni l’achat de technologies étrangères ne sont suffisant à eux seuls, s’ils ne sont pas actionnés en même temps que les autres leviers. Le capital illustre ce cercle vicieux : chaque ouvrier travaillant dans un pays pauvre dispose en moyenne de 5 fois moins de matériel que son homologue dans un pays riche. Pourquoi le capitalisme ne fournit-il pas aux ouvriers des pays pauvres les machines qui les rendraient productifs ? La réponse tient à la nature globale de la richesse ou de la pauvreté. Il peut être parfaitement rentable à New York d’informatiser une épicerie, une école ou une infirmerie. Ce n’est pas le cas à Lagos où la clientèle est trop pauvre pour payer le prix correspondant à un tel équipement »
D. Cohen, La mondialisation et ses ennemis 2004 Grasset
1°) Sur quelle approximation repose le raisonnement de l’exploitation des pays pauvres par les pays riches ? 2°) Dans la mesure où l’interaction entre les 3 leviers est multiplicative, le travailleur d’un pauvre ne dispose que d’un rendement de …………..% du niveau atteint dans les pays riches (c’est-à-dire :……………% multiplié par……………..% multiplié par……………… )3°) Un pays pauvres peut-il rattrapé les pays riches en accélérant les cadences de travail, freinant les coûts salariaux et en important des technologies ? Justifiez .