Pour redonner du sens aux mutations économiques et sociales, des articles et des liens liés aux sciences économiques et sociales, aux débats actuels.
Source : comptes nationaux base 2000, Insee.

tableau 2:


On le voit ici, en Allemagne, c'est le cas inverse à celui de la France: les consommateurs ont tendance à penser que les prix augmentent moins vite que ce que l'on mesure. L'effet euro ne peut donc pas être une explication vraiment satisfaisante.
D'après les chercheurs, il n'y a quasiment pas de relations entre le sentiment de bonheur éprouvé et le salaire une fois qu'un certain niveau est dépassé (le seuil de pauvreté en 2006 aux Etats-Unis est de $20 000/an pour une famille de 4 personnes et de $9 800/an pour un individu). L'étude a été menée sur 1 173 individus en leur posant des questions diverses, telles que: " en général, êtes-vous très heureux, plutôt heureux ou pas très heureux ces jours-ci ? "
-13% de ceux avec un revenu familial entre $20 000-$49 999/an, 7,7% de ceux avec un revenu entre $50 000-$89 999/an et 5,3% de ceux avec un revenu de $90 000/an se qualifiaient comme " pas très heureux ".
- 56,8% des personnes ayant un revenu familial entre $20 000-$49 999/an et 50,3% de ceux ayant entre $50 000-$89 999/an se sentaient " plutôt heureux ", pour 51,8% de ceux ayant plus de $90 000/an.
- 30,2% de la fourchette de salaire $20 000-$49 999/an, 41,9% qui ont un revenu entre $50 000-$89 999/an et 42,9% qui ont un revenu de plus de $90 000/an se sentaient " très heureux ".
-par contre, seulement 22,2% de ceux qui avaient un revenu de moins de $20 000/an (le seuil de pauvreté pour une famille de 4) ont indiqué qu'ils étaient " très heureux ", et 17,2% ont dit qu'ils n'étaient " pas très heureux ".
En outre, les personnes qui avaient plus de revenu n'avaient pas forcément plus de temps libre, et même consacraient moins de temps aux loisirs (19.9% de temps consacrés aux loisirs pour ceux avec un revenu de plus de $90 000/an, contre 34.7% pour ceux avec un revenu de moins de $20 000/an).
Dans le rapport, les chercheurs se sont appuyés sur d'autres études économiques qui indiquent que l'augmentation du revenu a un effet plutôt transitoire sur les individus ; que le revenu relatif est plus important que le niveau de salaire; que les individus s'adaptent au nouveau niveau de vie acquis, et que la consommation de biens et la richesse matérielle, ont peu d'effet à long terme sur le bonheur général après qu'un certain niveau de consommation soit atteint.
Autrement dit, bien que beaucoup soient motivés par plus d'argent ou par une augmentation de salaire, ou pensent que le bonheur est indubitablement lié aux revenus, ces résultats montrent que ce n'est pas le cas. L'argent ne fait pas le bonheur.
L'étude est apparue dans Science Magazine le 30 juin 2006.
On peut discuter sur ce sujet à l'infini... c'est pourquoi je passe à la deuxième question:
si on considère qu'il est légitime que les ménages aient plus de pouvoir d'achat, comment faire ?
Pour y répondre, il faut dans un premier temps revenir aux fondamentaux:
le pouvoir d'achat étant mesuré par rapport à l'évolution des revenus et des prix,
il faut donc soit augmenter les revenus plus que les prix, soit modérer les prix et augmenter légèrement les salaires (il y aurait bien une autre alternative: baisser les prix et laisser les salaires inchangés, mais elle est beaucoup trop risquée pour les entreprises).
1°) concernant les prix: on remarque que c'est une stratégie qui est utilisée. En économie, on appelle cela la "stratégie low cost": les entreprises, pour être concurrentielles, font la chasse aux coûts et proposent des produits moins coûteux (on citera le succès des Hard- Discounts nés en Allemagne au début des années 1990).
C'est aussi un objectif plus général de mise en concurrence des producteurs les uns avec les autres pour obtenir des produits de meilleurs rapports qualité / prix.
Et c'est justement dans le domaine de l'eau et du logement en particulier qu'il y a un problème de régulation (manque de transparence et de concurrence). Il est vrai qu'en France, nous avons eu quelques "mauvaises habitudes" (on songe à l'entente entre les trois opérateurs de téléphonie).
Mais cet stratégie de recherche de la compétitivité-prix est à double tranchant: pour avoir des coûts moins élevés, on peut sacrifier l'emploi, importer à bas prix des biens fabriqués dans les ex-pays de l'Est ou en Chine.
2°) concernant les salaires: j'ai déjà fait un billet sur salaire et emploi ici.
Là encore, plusieurs possibilités sont offertes:
- soit on considère qu'il y a un problème de croissance des richesses et que si on veut augmenter les salaires, il faut produire plus (il est vrai qu'en Europe, la croissance est plus faible qu'ailleurs).
Pour produire plus, on peut augmenter les facteurs de production: le capital et le travail (donc l'emploi), on parlera de croissance extensive;
On peut également produire plus avec la même quantité de facteurs grâce aux gains de productivité (le travail et le capital étant plus efficace, il leut faut moins de temps pour produire). Il s'agit alors de croissance intensive (qui pose aussi la question de l'emploi).
- soit on considère qu'il y a un problème de répartition des richesses et que si on veut augmenter les salaires, il faut partager autrement les richesses.
Depuis la fin des années 80 , le partage de la valeur ajoutée est davantage en faveur du capital même si depuis quelques années, ce partage reste relativement stable. Ce qui revient à poser des questions relevant de la politique des revenus, de la fiscalité.