Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Pour redonner du sens aux mutations économiques et sociales, des articles et des liens liés aux sciences économiques et sociales, aux débats actuels.

Publicité

Ecole: demandez le programme (partie 1)

Nous avons à présent une idée globale de ce que proposent les candidats  l'élection présidentielle.
Il me semble que quelques billets sur des thèmes clés des enjeux de politique française permettront d'intégrer l'actualité, d'ouvrir des débats et de cerner les mutations à l'oeuvre. Bref, tout ce que je souhaite que SOS...SES traite.
Aujourd'hui, avec l'actualité chargée du week end (je ne parle pas des copies corrigées), j'ai choisi le thème de l'école dans le programme de Ségolène Royal (un autre billet traitera de ce sujet avec Nicolas Sarkozy)



Propositions
Reconnaître la mission fondamentale des enseignants
22- Organiser des Etats généraux des enseignants sur le mode participatif, pour améliorer leurs conditions de travail dans l'école, assurer la pleine reconnaissance de leurs missions et préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants, de formation et de résorption de l'emploi précaire.

M'oui... sur le principe, on ne peut qu'être d'accord (encore et toujours des formules creuses "la mission fondamentale des enseignants"). Cela n'engage à rien.

Mais, il me semble qu'on a déjà eu un débat sur l'école il y a quelques temps. Qu'en est-il sorti ? Encore une fois, le risque est grand de croire que ce que les médias appellent "le malaise" enseignant (terme psychologique, on est en déprime parce qu'on nous parle mal ?) se résorbe par ce genre de pratiques. Que propose-t-elle réellement ? Discuter de quoi ? J'avoue être très dubitatif.


S'attaquer à l'échec scolaire à la racine
23- Mettre en place un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans. Assurer la maîtrise de la langue parlée à la maternelle.

Plutôt favorable, (peut-on être contre ?) mais le problème, me semble-t-il concerne surtout la scolarisation des 2 ans. Regardez ici, le taux de scolarisation à 3 ans est de 99.7 en 2004-2005 contre 26.5 pour les 2 ans...

 


Réaliser la promesse républicaine d'égalité scolaire
24- Organiser le soutien scolaire gratuit pour tous les élèves grâce à des répétiteurs.

25- Limiter à 17 le nombre d'élèves par classe en CP et en CE1 dans les ZEP et fixer la dotation aux établissements par élève en difficulté à 25% de plus que la dotation ordinaire.

26- Réviser la carte scolaire pour supprimer les ghettos scolaires, assurer la mixité sociale et constituer des réseaux d'éducation prioritaire.

27- Renforcer la présence adulte dans les établissements y compris, lorsque ce sera nécessaire, par la présence d'un deuxième adulte dans les classes.

28- Implanter des classes préparatoires aux grandes écoles dans les quartiers qui en sont dépourvus. L'excellence scolaire ne doit pas être réservée aux établissements de centre-ville.


24 - des répétiteurs assureront le soutien scolaire... On voit que par rappport à ces positions initiales, des évolutions ont eu lieu (ce ne sont pas forcément des enseignants, d'ailleurs qui seront ces répétiteurs ?). Sur le principe, je pense que l'idée d'études dirigées par des professionnels est bonne...reste à la mettre en pratique. Ici, cela reste très flou.


25 - on reprend les conclusions des études qui montrent le lien entre la baisse des effectifs et la réussite scolaire. Le cycle CP-CE1 pour la maîtrise des fondamentaux est pertinent. L'autre proposition est aussi très pertinente, on sait qu'il s'agit là d'une des raisons de l'échec des ZEP qui cumulaient les difficultés sans avoir forcément beaucoup plus de moyens que les autres. Evidemment, la question en suspens est celle des moyens de financer. Mais

26- réviser la carte scolaire ? C'est flou, non ? Dans quels sens ? Encore une fois, ce genre de proposition n'engage à rien... idem pour la proposition 27


28- Là aussi, on ne peut qu'être d'accord sur le principe. Mais comment mettre en place des filières d'élite dans des quartiers où il manque déjà des moyens humains et matériels pour assurer le service public pour tous.

Attention au politique d'affichage: je connais des lycées où les sections sélectives sont menacées de fermeture car elles ne correspondent pas aux besoins locaux.

 


Epauler les parents en difficulté
29- Créer des emplois-parents, la généralisation d'écoles des parents et des consultations de médiation familiale pour les aider à conforter leur autorité.

Donner à notre Université les moyens de l'excellence
30- Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l'excellence. En 5 ans, la dépense par étudiant sera portée au même niveau que la moyenne des pays de l'OCDE. Renforcer l'autonomie des universités dans le cadre national. Associer les régions à la remise à niveau des universités (bâtiments, logements étudiants?).

31- Créer un service public d'orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.

32- Créer une allocation autonomie pour les jeunes sous condition de ressources avec un contrat pour faciliter les études et l'entrée dans la vie active.

33- Engager le chantier national proposé par le Conseil de l'emploi, des revenus et de la cohésion sociale.


La proposition 29 "emplois parents" et "écoles pour les parents" me paraît correspondre à de vrais besoins. Leur mise en place pourrait se réaliser en appui avec le tissu associatif avec l'aide de professionnels (et un financement local). C'est plutôt une bonne idée.

De même, il est évident qu'il y a des problèmes au niveau des services d'orientation voir ici un excellent article qui pointe du doigt les raisons profondes des dysfonctionnements dans ce domaine.
Je pense qu'une réunion entre enseignants de chaque niveau (primaire avec secondaire, secondaire avec supérieur) permet déjà d'éviter de véhiculer de fausses idées (je sais qu'elles se font, mais pas systématiquement). Chaque collègue peut expliquer sa façon de travailler, ses exigences etc... Cela ne sera pas suffisant, un entretien avec les parents (surtout pour les paliers d'orientation) me paraît aussi nécessaire pour les informer, les aider dans leurs choix (en ce moment, j'en fais avec pas mal de parents, et je ressens bien le malaise à ce propos). Bref, des changements doivent se produire à ce sujet.
Une proposition qui consiste à verser une allocation autonomie me paraît être aussi une attente puisque les jeunes de moins de 25 ans n'ont pas beaucoup d'aide (si ce n'est celle des parents: que se passe-t-il lorsqu'ils sont en rupture familiale ?). D'après l'ONISEP, un étudiant coûte environ 700 euros par mois tout compris, et de plus en plus de parents ont du mal à financer ces études (certains préfèrent rester dans une ville proche de leurs parents et choisissent des formations courtes alors que leur niveau scolaire est très bon). Evidemment, la question du financement de cette aide est cruciale. Dans les prochains jours, le PS va apporter les réponses en ce qui concerne le financement de leurs propositions. A suivre donc...



Au final, j'ai une impression vraiment mitigée.

Il y a certes, des mesures intéressantes, d'autres sont floues (et n'engagent à rien), les mesures les plus polémiques ont été soigneusement écartées ou lissées (c'est le résultat des débats participatifs...).

Il me manque des principes globaux sur l'éducation et le système éducatif
: quelle école voulons-nous ? Faut-il abolir le collège unique ? A quoi sert le lycée ? Faut-il 50 % d'une classe d'âge qui accède aux études supérieures ? Peu de points sur les nouvelles technologies...

Voici les mots clés de son discours de dimanche avec ici son nuage de mots liés à ce thème. J'adore ce genre de gadgets

 enfants  jeunes  parents quartiers recherche scolaire   école

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
N
En période électorale les propositions fleurissent pour l'école.<br /> Clair que donner une chance d'éducation à tout le monde me semble une bonne idée. Ouvrir l'école aux NTIC, mais aussi à un enseignement artistique aussi. Et surtout permettre de motiver les jeunes. Et ce travail ne peut se faire qu'avec tous, les parents, les enfants, les enseignants, les éducateurs. Je pense qu'il faut mettre un maximum de crédits pour l'école, en personnel et en moyens.. <br /> Et dans les autres pays européens ? Ceal serait intéressant de faire un comparatif un jour, car il y a peut-être des bonnes idées ailleurs...<br />  
Répondre
C
Tu as raison Nato, je connais un peu le cas de la Finlande, qui est souvent cité en exemple...Cela peut donner des idées... d'ailleurs, je vais peut être un de ces jours faire un billet sur le cas finlandais. Merci Nato
L
Pour exemple personnel, j'aime bien avoir une coupure de quand je rentre au moment où je fais mes devoirs. Je suis peut être pas un bonne exemple, mais je fais mes devoirs à 21h ou à 7h avant de partir. Laisser un peu d'autonomie aux étudiants, c'est les préparer pour l'avenir aussi.<br /> Par contre, comme j'ai déjà dit, je trouve ça tout à fait normal que les parents et enseignants pensent que ce soit une bonne solution ...
Répondre
C
Je pense qu'effectivement, beaucoup d'élèves demandent de souffler un peu après les cours, et que vouloir rajouter encore plus de travail scolaire risque d'être contre-productif.Globalement, c'est la question du travail hors de l'école qui pose le plus de problèmes. Ne pas en donner, c'est ne pas permettre à l'élève de s'entraîner, de revoir les cours et les exercices. En donner trop, c'est surcharger l'élève qui n'a plus de temps libre. En France, on a du mal à trouver l'équilibre. En primaire, les devoirs écrits ne sont pas autorisés, par contre certains enseignants demandent parfois - à mon goût- trop de travail de révision, les parents deviennent des répétiteurs (je sais, j'ai trois enfants... et j'ai l'impression parfois d'être enseignant 24 heures sur 24).
C
Intéressantes ces propositions à condition qu'il ne s'agisse pas d'un effet d'annonce ...
Répondre
A
Gros débatque va-t-il rester réellement de ces propositions.J'aimerais aussi que l'on parle des enfants handicapés.... l'avenir des clis est bien compromis.Bonne soiréeAnnie
Répondre
L
Oh oui ce sont de belles propositions, y'a rien à dire là dessus. Les tiendra t'elle ? On se demande ça de tout les politiques alors ...<br /> Par contre, j'ai entendu dire qu'elle voulait faire des genres d'études pour les enfants qui resterait jusqu'au collège jusqu'à 18h et les parents après leur travail les reprendrais avec les devoirs faits ... Pour les parents, c'est bien, mais pour les enfants, je pense pas que ce soit la meilleure solution.
Répondre
C
Cela se discute: si les enfants rentrent de l'école en n'ayant plus aucun devoir à faire, cela évite pas mal de problèmes : l'enseignant peut davantage aider, rectifier, évaluer le degré de maîtrise et les disputes sur le travail (T'as fait ton boulot ?) avec les parents s'estompent.Ceci dit, je pense qu'effectivement, si cela conduit à rallonger la durée de travail et à refaire la même chose, cela va être l'enfer pour les collègiens et les lycéens qui ne pourront pas y échapper. C'est vrai qu'il y a une surenchère en ce moment: c'est au candidat(e) qui accordera le plus d'heures de travail aux élèves (Ah...restaurer la valeur travail ^^) A suivre...