Je suis tombé sur un site extraordinaire, celui de Michel Cartier.
Il me faudra sans doute des heures et des heures de lecture pour tout lire, approfondir la richesse de son contenu.
Il possède beaucoup de qualités à mon sens:
- il est pluridimensionnel : il développe une approche technologique, sociale et économique,
- il est relativement visuel : plusieurs schémas (dont ceux que j'ai utilisé ici) qui apportent réellement un plus,
- il comporte beaucoup de liens et de renvois (ce qui est une application du contenu de son site) permettant ainsi de mieux saisir ce qu'est une relative interactivité.
Quelques commentaires me viennent en tête en ayant parcouru son site.
Commençons par situer les évolutions globales en cours.
La grille de lecture proposée (que j'ai un peu réduite) permet de montrer la spécificité de certains médias.
| Mass media | | Nouveaux médias |
| Spectateurs passifs et anonymes | | Utilisateurs interactifs |
| Masse de gens | Groupes d'intérêts |
| Médias de masse | Complémentarité. PC-TV-imprimé |
| Cultures nationales | Cultures métissées |
| Produits avec services | Services avec produits |
| Approche verticale (hiérarchies) | Approche transversale (réseaux) |
C'est un peu le sentiment que j'ai depuis que j'ai sérieusement mis les pieds et les mains sur internet.
- tout le monde a remarqué que cette campagne présidentielle est différente en raison de l'intervention du média internet.
Face aux médias de masse (qui continuent de peser évidemment), les internautes militent, discutent et échangent sur les forums, blogues où l'interactivité est plus grande (on ne peut pas totalement assimiler le courrier des lecteurs des médias de masse avec les commentaires laissés sur les blogs)
Cela n'empêche nullement les coups bas, les rumeurs, les fausses informations mais l'information est beaucoup plus diffusée donc commentée.
Je continue d'acheter les journaux tout en me rendant sur différents sites (complémentarité entre l'imprimé et le net).
Par ailleurs, je tiens à ce que SOS...SES ait un minimum d'interactivité: les commentaires sont importants, ils m'enrichissent et participent au blog, les petits sondages sont aussi un moyen comme un autre de faire participer le lecteur.
- c'est bien évidemment en fonction de mes compétences, de mes centres d'intérêts et de mes sensibilités que je choisis de me rendre (et de faire un commentaire) sur les différents sites. Autrement dit, il y a bien une logique de réseau.
Tout le monde ne va pas sur le net, et tous les internautes ne vont pas sur tous les sites, c'est évident. Il y a des inégalités. A ce sujet, j'ai trouvé cette initiative très prometteuse (l'ordinateur portable a 100 $).
Mais cet espace existe, les coûts d'accès et de délais sont très faibles. J'en veux pour preuve très modeste que des élèves m'ont écrit que grâce au blog, ils s'intéressent à des sujets auxquels ils n'auraient pas à priori pensé. J'ai des lecteurs(rices) qui ont d'autres centres d'intérêt (l'art, le jardinage, l'informatique et les nouvelles technologies, la musique, le sport...). On est donc dans cette logique de transversalité.
Passons maintenant à la façon dont chacun va utiliser ces techniques.
Pour un document classique (partie A du schéma), le procédé est le suivant:
l'utilisateur navigue de façon assez linéaire parce qu'il va
d'un détail à un autre. De plus, parce que cette approche est préprogrammée par le créateur du site pour être
lu par tous les utilisateurs quel que soient leur profil, elle donne
des résultats assez traditionnels.(Michel Cartier)
Dans l'autre cas (partie B), la façon d'utiliser est différente:
Les résultats sont très différentes car cette navigation
est plus personnalisée c'est-à-dire réagissant au vécu et aux besoins
du visiteur. Cette approche convient aux portails
thématiques et personnalisés, donc aux niches. Le style W3 (Web troisième génération) est plus
visuel ; il utilise un degré différent de synthèse et un niveau
d'interactivité plus riche (Michel Cartier)
Voici un autre schéma plus détaillé qui explicite ces changements.
Le site de michel cartier est à cet égard une bonne illustration de ce schéma.
Vous pouvez lire son site de différente manière (pas de schéma préprogrammé, vous choisissez l'entrée que vous souhaitez).
Vous avez un problème de compréhension ? Il y a des liens hypertextes qui vous aident, des schémas pour appuyer les raisonnements. En tant qu'enseignant, c'est-à-dire producteur et transmetteur d'informations et de savoirs, je ne peux que m'interroger sur ma pratique:
1 - j'ai vérifié que ce n'est pas la technique en soi qui est porteuse de changement.
L'innovation pédagogique ne peut pas se limiter à mettre des élèves devant un PC et de leur demander d'appuyer sur des touches ou de faire des recherches. Sinon je reproduis le schéma A: je pratique une sorte de taylorisme pédagogique moderne dans lequel les élèves doivent tous passer par le même cheminement (celui que j'ai programmé), ils exécutent les tâches (y compris intellectuelles) que la machine leur demande.
Je l'ai fait, le résultat n'a pas été à la hauteur des objectifs visés. A la limite, on peut le réaliser pour quelques activités durant une période limitée. J'ai trouvé une étude intéressante à ce sujet.
Une équipe de l'université de Stanford a montré que la plupart des nouvelles idées dans un groupe ont été
produites pendant des activités informelles (voir la figure 1).
Les activités plus dirigées (y compris celles qui mettent en oeuvre des nouvelles technologies) sont utiles pour faciliter la formalisation des
connaissances plutôt que leur découverte.
2 - j'ai également pu m'apercevoir que la forme (visuelle) compte autant que le fond, y compris dans la transmission des savoirs (j'y reviendrai prochainement).
L'aspect "multimédia" doit être pris en compte. A cet égard, SOS...SES a beaucoup évolué depuis 8 mois. J'essaye d'intégrer des illustrations pour donner plus de force au message, des vidéos, des podcast...(et je ne suis pas le seul, le blog d'Olivier Bouba-Olga comporte maintenant une illustration !).
Je ne suis pas au bout de mes découvertes !
Où cela va-t-il nous mener ?